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Je suis un monomaniaque : jécoute encore Vincent Delerm.
Il y a des albums qui simposent comme ça, injustement,
comme la femme de notre vie.
La-femme-de-ma-vie est protéiforme, je la rencontre dix fois
par jour sous des aspects différents. Une fois, cest un
buste blanc qui remonte du sous-sol métropolitain, puis une cambrure
dans un couloir, des jambes pliées dans un wagon, un regard perdu
dans le reflet dune barre dans le métro, une démarche
voluptueuse sur un quai, une voix au téléphone, des seins
énormes au loin de ma myopie, une couleur pastel sur un corps
mièvre.
Ma femme de ma vie se balade comme un caméléon et joue
avec mes pulsions. La femme de ma vie se métamorphose toujours,
mais le mal est lui toujours identique. Cest le mal le plus fort
du monde, le moins consistant, il nest rien hormis un vide. Cest
un trou, ce mal. Un trou de mal.
Vendredi
aurait dû une belle journée de rencontres printanières,
de jeunes filles vivantes, de flores dansantes, de voluptuosités
féminines, et rien ne sest fait.
Je nai pas pu voir Bénédicte, un brief urgent, annoncé
sandwich jambon-beurre dans la gueule, la tête dans le printemps
de 14h30. Il naura pas lieu ce printemps automnal.
Tout
ce que je pourrais faire, en ce jour, se déconstruit progressivement
: les films de FJ Ossang avec Régis, sa douce, Mathias, Sébastien
Dans la précipitation, je maile des contradictions, donc Sébastien
ne va plus à la Cinémathèque, et je décide
que je suis bien trop fatigué pour une nuit blanche, et où
dormir ?
Sébastien me propose de dormir chez lui, " encore une fois
" ; il organise une soirée " perruque ", je vais
encore déranger, dénoter.
Je prends donc le train. Retour chez moi avec comme ambition, dormir.
Je
reçois un mail ultra sympa de David Foenkinos ; je maile avec
lensemble de létagère den haut de ma
bibliothèque. On bordelle, on se pagaille dans des mails vorticistes,
des conneries quoi.
Jai conseillé le book de Thomas à une petite du
train ; il y a quelque chose de mystérieux autour de Thomas,
Ivanhoé montmartrois.
PUTAIN, oui, le mail du début de semaine : ce soir, 4 octobre,
cest son anniversaire, BON ANNIVERSAIRE. Je suis grave dégoûté,
loin les bimbos architecturales de la soirée de Sébastien
et tchao les bombes connectées de Thomas.
La
journée persiste dans sa thématique, de faux plans en
oublis impardonnables. Je navais pas vu la danseuse Tiepolo dans
le bus du matin (sic).
Il
est temps de prendre sa couette, et de sendormir devant la télé,
comme un beau blaireau que je suis. Cest à 5h17, devant
un écran au logo de Paris Première, que je me déporte
dans mon lit. Une nouvelle nuit matinale commence.
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