Samedi 5 janvier :

J’écoute Pierre Arditi dans le " best of " d’Ardisson. Sans réflexion, l’auditeur, le téléspectateur peut penser que le comédien est un être sensé, un intellectuel serein.
Que nenni ! Il y a dans ses propos un paradoxe que ne relève pas un Thierry Ardisson de plus en plus complaisant, donc un animateur " comme les autres ".
Pierre Arditi ne peut admettre que l’on puisse remettre en cause l’état d’Israël, mais fait part de sa " révolte " sur " l’errance " du peuple palestinien.
C’est bien gentil. Mais…
Tant que l’on ne dira pas clairement " NON " à la politique, au régime d’Israël, tout Humanisme n’est que foutage de gueule.
Il faut dire : depuis 1967, Israël occupe un pays qui n’est pas le sien en droit international, que depuis 1972, elle bafoue des résolutions onusiennes.
Il faut se révolter vraiment sur l’utilisation des termes de " colonies ", de "territoires occupés ".
Que des individus qui avaient une religion commune aient subi un régime assassin et criminel dans un passé contemporain, je ne le remets pas en cause, mais en aucun cas une situation historique ne peut justifier, et être instrumentalisé à des fins politiques.
Oui, la Shoah est un crime monstrueux. Mais que diront, dans quelques décennies, nos manuels d’Histoire ?
Ils évoqueront le massacre du Palatinat par les Dragons de Louvois, la Grande Armée décimée dans les plaines froides de Pologne, les famines étatisées par les communistes en Ukraine, les camps d’extermination de l’Allemagne nazie, c’est certain.
Ils parleront des falsifications et des manipulations médiatiques de ce que l’on appellera alors " les Guerres des hydrocarbures ", c’est-à-dire la guerre du golfe (1990) pour le pétrole koweïtien, puis de la guerre d’Afghanistan (2001) pour les oléoducs du Kazakhstan à la l’Océan Indien.
Y aura-t-il encore des historiens dans " notre " futur ?
Si les livres d’Histoire révèlent, dans cette hypothèse, les manipulations du vingtième siècle (Pearl Harbor, l’assassinat de JFK, les guerres pétrolifères…), cela signifiera donc que l’individu à un moment précis s’est retourné contre l’abrutissement calme du monde.
Cette idée me rappelle une phrase lue, il y a bien longtemps (99), dans un article de Jim Jarmusch. Il reprenait une citation de Tocqueville : " Si la tyrannie s’empare de l’Amérique, ce sera de manière très calme, comme une sorte de somnolence gagnant de pacifiques animaux industriels ". Bien vu Jim.
Spectacle, média, virtualité, globalisation, tout nous entraîne dans une situation détachée du Réel. Et seul le Réel permet de concevoir des Idées. Les Idées permettant les " révolutions ", les changements.
Je doute que dans le futur, des historiens analyseront le totalitarisme de l’information. Pas de Furet, en 2100, pour disserter sur notre présente situation.
" Hitler, connais pas " est le titre d’un documentaire de 1962 de Bertrand Blier où des jeunes avouent leur ignorance du nazisme. Ma faible expérience d’enseignant m’a permis de faire un constat similaire, une joute César-Napoléon ne choquent pas les gosses et Hitler est un méchant parmi tant d’autres.
Alors NON, Pierre Arditi, on ne peut se répandre également en Humanisme de bon ton sur la situation du Proche-Orient.
OUI au droit à la colère, au parti pris, à la révolte, à la confrontation. Pour que nos livres d’Histoire ne cessent pas d’exister.