La soirée rue Jean-Pierre Timbaud :


Une magnifique journée ensoleillée de plus, le mois d'avril commence impeccablement. C'est nettement plus agréable de se faire chier avec le soleil, on s'ennuie, mais avec le sourire.
On lève le camp au taf, en clan, on décide d'aller terrasser un peu, un boire un verre, shoumer un peu, baver sur les absents. De toute façon, les absents sont toujours des ringards, c'est comme ça.
On se pose près du canal St Martin, en face de "Lili et Antoine", je crois bien.
On taille des costards, vide des bières, des ricards, mate le cul de la prof d'un stagiaire, à forte raison d'ailleurs.
Il fait beau, à priori la vie est assez belle dans ces moments-là. Déjeuner dans un parc le midi entre les cerisiers en fleurs, trinquer devant un canal sous un ciel bleu, que de choses que ne feront jamais un PDG à 300 000 balles par mois. Pauvre de lui.
La rigolade prend fin, chacun regagne son intimité, sa vie privée, son métro, son rer, son train, sa marche à pied. Je rentre à République, j'ai une soirée avec YM, rue Jean-Pierre Timbaud, à 22h, une soirée "Jalons" semble-t-il.
YM m'a filé un téléphone, mais le type a refusé de m'inscrire sur la liste. Le nom de Yann ne lui a pas fait spécialement de l'effet. C'est fou le nombre de non-lecteurs dans ce monde.
Bref, je dois rentrer avec Yann sinon que dalle. Une collègue suit le même chemin, elle habite aussi rue "Jean-Pierre Timbaud". C'est drôle, j'aime ce petit détail. Cette coïncidence. Nous lambinons ensemble, partageant des confidences assez complices, mais rien d'une intimité choquante.
AD, l'amie en question, doit travailler, mais accepte tout de même de dîner en ma compagnie et de discuter jusqu'à l'appel de Yann. Je propose le "Cannibale", elle évoque la jolie serveuse du soir d'avec Régis ; elle se souvenait du récit de ma rencontre de ce soir-là.
Le dîner est fort sympathique, sous l'œil de la confiance et de la confidence, c'est agréable. Je lui parle, comme toujours, de ma quête de l'absolu, de mon besoin de cristalliser, de mon "Don Juanisme" à mon échelle, de mon incapacité à dépasser le stade de la séduction ; je suis un éternel adolescent, qui pense à l'amour, au suicide, à la souffrance, au sacrifice. Partir est bien plus beau que de rester.
AD est bien plus sensible que les apparences, trompeuses ?, le présageaient ; je n'ai jamais été trompé par celles-ci. Elle me montre des photos, je sais bien que ce n'est pas une marque exclusive, que des petits gars plus ou moins gentils ont regardé ce que je regarde en ce moment, mais j'apprécie ces petits gestes de vie.
Tout autour de moi se meurt, mes grands-parents, ma mère, que suis-je un si mauvais fils ?
J'aime d'autant plus ces instants d'éternité, de vie, d'intensité.
YM me phone, passe au resto et repart aussitôt. AD est bien trop âgé pour le briscard. On commande un dessert, elle a décidé de ne pas venir avec nous, de rentrer peinard chez elle. D'ailleurs, sous son impulsion, nous décollons du resto avant les desserts, qui tardaient à venir. Elle ne voulait pas que YM m'attende trop.

Yann, Péguy et moi...

Je retrouve Yann avec Péguy en pléiade et le chef de "Jalons". On entre, l'invitation nous invite à payer cinq euros. Soit, Yann s'y colle, je paierai les bières. Enfin les premières. L'endroit est assez volumineux, un énorme hall, un grand étage avec de nombreuses salles et une salle gigantesque pour électofuser à donf. AD m'avait dit que le bâtiment appartenait à une association qui organisait des expos avant-gardistes.
On s'assied avec des Kro et Yann commence à me lire du Péguy, des passages hilarants, on discute de son livre, des passages croustillants, souvent liés à des moments de vie...
On voit défiler tous ses copains de promotion de Sciences Po, et on apprend que l'on n'est pas à une soirée "Jalons" mais à une soirée "Jeunes chevènementistes". Trop fort !
Une fille un peu trop collante appelle Yann, j'ai l'honneur de lui répondre et de l'embrouiller un peu, avec mon côté ultra-sincère (même au phone), je suis un super menteur. Puis, j'use de ma franchise, mais sans mentir cette fois-ci pour rassurer l'amie de Yann. Yann est un type correct, sans aucun doute.
Je rencontre Dabug (Pascal), un type chelou, un "nabien", donc un type souvent à côté de la plaque, assez affligeant, un côté clinique très prononcé pour le HP.
Yann capte Basile, trop sympathique le Koch. On tise en joie, en amitié, en délires, Frigide est mignonne, et que dire Mère Michel ?
Dans les méandres du truc, j'aperçois une tignasse, une tête que je connais ; une amie de Clément m'avait dit la semaine précédente qu'elle avait revu Jean-gilles, un copain du lycée, et qu'il organisait des tufs pour une boîte de disque. Je lance donc un "Jean-Gilles" à la volée. Il le reprend et nous discutons un peu ; il avait organisé la dernière fête du lycée, en 94, avec Clément et Fred (qui est resté au même niveau depuis, les mêmes chansons...les mêmes gamines baisées).
Dans la soirée des jeunes Chevènement, j'ai également vu Sinclair, Gaspard Noé et la fille de Niagara qui mixait. Et TH TH qui casse de la Hype !?

Fin de nuit, Basile, Yann, une fille de "Marianne" (je présume) et un jeune type au museau allongé, Raphaël Chevènement, le jeune Chevènement.