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1er Tichri : Roch-ha-chanah !
Comment
jai découvert le calendrier juif. Nous sommes lan
5000 bien passé, et le mois de Tichri est le premier du calendrier
civil. Pour lannée religieuse, jai un peu oublié
le nom du premier mois.
Dans
ma quête dune jolie, marrante, rigolote, souriante cavalière
pour aller discoïer à la soirée Podium de Yann, jai
donc envoyé un mail à une charmante femme, vu que javais
échoué dans mes tentatives auprès de jeunes filles
qui me plaisaient : Olivia, pas de réponses à mes textos,
et trop la trouille de lappeler, Miriam, pas de réponse
à mon mail, et bien trop la trouille de lappeler, Dabéa,
bah, je ne la connais pas en faite, Bénédicte, certainement
encore au Liban. Voilà, je ne connais pas de filles extrêmement
plaisantes à mes goûts élitistes, cest-à-dire
tout bêtement à mes goûts.
Donc,
dérouté et dégoûté de ce constat pathétique,
jai le réflexe vital de proposer à une charmante
femme, Valérie H, mère et épouse, femme de caractère
et de décision, mais rigolote quand même, de maccompagner
au Bus. Cela permettra au moins de nous revoir.
Elle me répond avec beaucoup de gentillesse et de remerciement
doublé quelle ne peut pas en raison du jour de lan
juif, le rochachanah. Quest-ce que cest ce truc
? Je connais le Kippour (en raison de la guerre et du Grand pardon)
et le Hannoukah (en raison dun épisode de Friends et de
Ross déguisé en Tatou du Texas), mais rien sur ce rochachanah
; on dirait justement une danse très 60ies.
Je me précipite, sans bouger de mon siège, étant
déjà devant lécran, et sur le réseau,
dans une recherche frénétique, calmement, à propos
ce terme inconnu qui me prive dune soirée avec une maman
marrante.
Bingo ! Gros lot ! Le Roch-ha-chanah est le jour de lan civil
qui se termine dix jours après par le Yom-Kippour, la fête
du pardon. Japprends aussi que le calendrier est lunaire et que
les années nécessitent un calcul dexpert voué
au hasard et à la coutume, le jour de lan peut varier de
trois jours pour câler à un jour précis (autre que
les jours Sabbat, je crois). Cest un peu le BORDEL ce calendrie
juif, pour des types quon dit sérieux en affaires !
Pour
marquer mon respect à linitiative de Valérie, je
lui réponds béatement : Mère et croyante, une perle
rare ! Bravo, les traditions sont le liant de nos vies... Je le pense
de plus en plus, même si je suis athée, de formation, je
me retrouve, à ma surprise, dans la "philosophie" d'un
grand juif (essénien aussi ?), Jésus. Le doute et le pardon,
socle aussi de la pensée métaphysique et philosophique,
non ?
Sans
femme, je pars retrouver le fringant blondinet aux yeux translucides,
comme de leau de Volvic, pour changer de lévian,
car il paraît que lon ne doit pas boire quune seule
eau. Thomas Bouvatier.
Je suis le premier au Saint Jean, le chevalier arrive peu de temps après.
Nous nous installons en terrasse. Chacun monte en ce moment un joli
et fier projet, tels nos maîtres duvres médiévaux
lors de lérection de nos si belles cathédrales.
Si chères à Claudel
et à Proust, qui sont, eux, si chers à mon cur.
Thomas
bifurque pour aller faire une tournée de vernissage dans le 6e,
de quoi se restaurer royalement aux frais à la princesse, ici
dignobles bourgeois pétillants des fesses, des bourgeois
vesseurs. Une sorte de Vessalité quoi. Je laisse notre héraut
dans ce triste monde tragique (copyright Daria), et pars
retrouvé Pascal et la brindillante Bénédicte quelque
part à Quincampoix, ouais, comme dans Amélie.
Ainsi que Rodolphe qui vient de mappeler pour me dire quil
vient en fin de compte. Très bien tout ça.
Jappelle Cyril, le petit zouave, est-il en compagnie de sa bellissime
Loubna ? Euh, je serai seul, me dit-il abattu par un revers
répété. Cette fois-ci, la belle Simoun du désert
a soufflé à notre Cyril, perdant la foi, des maux de ventre.
En tirant la chasse deau, Cyril a tout reçu sur la tronche.
Cest pas très gentil tout ça.
Et puis, jaimerais bien la voir, au moins une fois, cette beauté
ultime si chantée par Cyril !
Sentiment qui se mélange dun soulagement, si jétais
séduit à mon tour par la belle Sirocco
Je
débarque excité à mort de portable, Régis,
Rodolphe, Cyril tour à tour, à la table de Pascal et Bénédicte.
Pascal a lair soucieux, entre les soucis professionnels, pas de
thune, lappartement quil doit laisser, et où va-t-il
dormir ?, et enfin, le drame Juju. Il est lun des
deux hommes dune petite Juliette qui devrait relire son Shakespeare.
Bénédicte a dautres tragédies, elle attend
lappel dun roi Franc. La vieille au lieu de tomber nue dans
les bras de Yarol Poupaud, que je venais de croiser lunettes noires
aux Abbesses, elle sétait amourachée dune
beauté salienne.
Jaime beaucoup Bénédicte, tout ce qui me dégoûte
chez la femme, mais comme amie, cest un ange renaissant.
Elle pétille, cest bien, elle fait pétiller, cest
mieux.
Je les embarque pour la night. Fever. Friday. Friday Night
Fever. Mouais.
Je
pars en métro en compagnie de Rodolphe, il venait de nous avoir
rejoint, Béné prend un Panini et son scooter, tandis que
Pascal prend un taxi offert, quelle est gentille, par Béné.
Cyril nous attend au métro Blanche. Il a réussi à
se garer et à trouver brillamment le lieu de rendez-vous. Une
grande soirée sannonce.
Des mémés se pressent à lentrée gardée
par un Grand Noir. Je mavance, tends mon carton, un pour trois,
ça me paraît bien. Il marrête avant que je
puisse parler pour me dire que la soirée commence dans un quart
dheure. Impeccable, comme ça, Cyril, affamé, pourra
se prendre un truc à grignoter. On laccompagne dans sa
déambulation indécise à la recherche dun
fricot à engloutir. Il sarrête devant une épicerie.
Il tâte des fruits, met une heure à choisir une malheureuse
pomme. Essuyée sur sa chemise ou sur pantalon en cuir, il la
croque.
Les
mémés ne sont plus devant le vigile. Il nous demande une
invitation par personne, le bougre. Je lui rétorque, avec bégaiement,
que cest une pour deux. Il ne veut rien savoir lignare.
Je vais donc devoir rentrer chercher Yann. Quel drame les domestiques
baraqués !
Au dernier moment, il nous laisse passer. Je lui demande sil peut
ajouter " Régis Clinquart et ses amis " sur la liste.
Il faut demander à Yann me dit-il sèchement. Éreintant
ce type.
Nous
pénétrons pour la première fois au Bus Palladium.
Ce nest pas aussi grand que je le pensais. Une piste de taille
raisonnable est au centre dun cercle de tables et de banquettes.
Yann discute avec un couple au mari aux cheveux grisonnants. Nous le
saluerons plus tard. Pour le moment, droit au bar. Open. Trois Whisky
Coke. Le sky pointe péniblement sous la nébuleuse de soda.
On en boira plus, donc.
Ce soir, je sais que je vais revoir Neo, nud papillon et veste
rouge, et sa si adorable amie, Beig, je venais de recevoir un mail,
mais qui dautres ? Je pense à Nico, à Pépin,
à Ardisson, à Dechavanne ou à Poelvoorde.
Je
tombe sur Paul-Éric Blanrue, éructateur cathodique, Stentor
gargantuesque, et de son " génie ". Il me parlera,
plus tard dans la soirée, de ce journal, et me conseillera dêtre
plus " méchant ", de parler des gens que je rencontre,
dégratigner quoi.
Je suis sceptique, dois-je balancer sur ce site les choses que lon
me confie pour attirer les peoplophiles ?
Je fais part de mes propos, de quelques réactions entendues,
je suis le sujet de ce journal " intime ", le " je "
lâche, obsédé et pathétique. Je me sentirais
mal si jécrivais les propos de Yann sur untel, sur unetelle,
sur ses récits pornographiques, si je copiais-collais les mails
de Beig, sa lettre sur les critiques par exemple. Ce nest pas
le lieu de la délation " Paris Match ".
Dailleurs
je ne vois pas le gros Béglé. Par contre japerçois
Sevran avachi côté gauche, son fumeux profil. Robert Sabatier
de lAcadémie Goncourt pétille de bulles de champagne,
et swingue ses vieux os sur un tube de Claude François.
Pascal arrivé avec la belle Bénédicte casse son
verre, se brisant entre nous ! Le show peut commencer.
Il
y a du monde, de jolies filles exclusivement. Cyril est Grand. À
une question de Blanrue sur ses projets, il répond faire du deltaplane
sur la butte de Doue ! Dailleurs, il pense que Paul Éric
est dans le sport, ses indices, il ressemble à Bernard Tapie.
Imparable.
Rodolphe semble samuser aussi. Un jour à marquer dun
tube disco. Le vieux sosie aux cheveux mous sautille tel un " Tigrou
" sur la scène, derrière lui, des " clodettes
" sous acides, des furies tournoyantes tel le Chamsin du désert
nubien. Cest lhystérie. Je tombe dans les bras de
mon Nico tout de velours épais et doux. Le seul garnement à
qui je fais la bise. À Régis, peut-être aussi, lorsquil
arrivera. Pour le moment, cest danse sur la piste avec Pascal,
Rodolphe, Cyril et Béné.
Béné la remis en selle, de la bouche de Cyril. Il
est resplendissant, il chorégraphie à merveille, le nouveau
" Leroy ", Famous !
Je dandine des épaules sur des tubes de variétoches sympatoches.
Tout près de moi, Nico gigote auprès de Daphné.
Je ne retrouve pas ce texte (1999, je crois) où le jeune Nico
déclamait sa passion à la belle à la grande bouche
et aux yeux miel. Je les trouve beaux.
Cyril ne quitte pas des yeux la belle Béné qui lélectrise
de sa grâce atomique. Il rentre en transe, séclate.
Hélène est là aussi, évidemment. Belle,
coquine, malicieuse. Elle est accompagnée dune petite très
excitante qui veut toujours me faire danser, se serrer, me faire chavirer,
je dandine mes bras mous. Sil navait son ami, je lui sauterais
dessus à la petite Agnès de 17 ans.
Hélène mentraîne sur la scène pour
danser, et jy retrouve les vieux potes de Yann, Daniel, Éric
et Idalina. Idalina danse souvent la main sur la bite dun nain
chauve. Ce qui est plus quamusant. Daniel est un peu le "
Matthias " de la bande, torturé, timide, déprimant
parfois. Comme nous tous. Certains cachent mieux que dautres.
Dailleurs
toujours pas là les Clinclins. Je passe souvent à la porte
pour voir, mais rien. Je répète à Bertrand, le
vigile, le nom de " Clinquart ". Comprend-t-il ?
Rodolphe danse, Cyril a disparu, je le retrouve au bar à discuter
avec un grand que je ne connais pas. Il va se faire attraper. Cyril
me racontera que le type bosse à C+ et quil lui a parlé
dARTE que Cyril a confondu avec COMEDIE ! en partant sur une discussion
sur la fille Wolinsky quil connaît de St Charles. Énorme
! Ce type est énorme, il ne reconnaît personne, ne sait
rien sur les trucs presse (alors quil était en DEUG Com.)
! Mais il est naturel, parle de NessNess, son chien de prairie, de lanimalerie
de Mouroux et ses chaussures rouges sur le comptoir. Natural Born Clown.
Le Mec plus ultra.
Je
croise souvent la compagne de mon ami Neo. Une fille que je trouve merveilleuse,
belle, gentille, attentionnée, cultivée, un délice
qui sied si bien à mon cher Nicolas. Elle a des faux airs de
Marie Fugain, ce grand sourire embrassé de lèvres épaisses
et pourpres rose bonbon. Je lui décerne lAward de la fille
la plus classe de ma soirée.
Moment
drôle, on danse sur une chanson de Téléphone, derrière
nous, épaule contre épaule, Bertignac le guitariste de
ce groupe qui a pourri mes années lycée. Le vieil homme
est venu, veinard, salopard, avec la somptueuse Marine Delterme. La
beauté drue, charnelle par excellence.
Yann malpague et me demande de lui parler de Béné,
il a craqué le garnement. Putain, comment elle fait pour plaire
autant. Pas de seins ! Cyril me dit quelle renvoie tellement,
cest une batterie à émotions me dit-il. Ah ouais
? !
Bon, ok, je vais aller dire à Béné quil la
trouve jolie, belle, et quil désire lui parler. Je traduis
évidemment, la prose était moins diplomatique. Aussitôt
dit aussitôt partit. Elle sest envolée le retrouver.
Cyril seffondrant. Oui, mon ami, les piles comme ça cest
pour des appareils estampillés " vu à la télé
".
Beig
est parti, et Régis nest toujours pas là. Nico vient
me chercher et me dit que Clinquart attend depuis un quart dheure
à lentrée. Jy go. Il y a donc Régis
et le petit Matthias, Bertrand ne veut rien savoir, rien à foutre
de Nico, de son prix de Flore, de son costard en velours, de "
Culture et Dépendances ", de " Ubik ". Désespérant
ces ignares !
Je vais donc chercher Yann. Tout sarrange.
Matthias
se fait chier, visiblement, à peine entré dans la salle.
Il tourne pour prendre la mesure féminine. Il partira très
rapidement. Régis na pas la chance de lopen bar,
il doit payer ses verres. Putain. Putain de portier !
La musique devient rock, Trust, U2, New Wave prennent le relais de Goldmann
et Dassin. Régis gesticule des genoux dans un pogo poétique.
Malheureusement interrompu par un vigile débile.
Béné semble toute heureuse dêtre avec le roi
de la soirée. Je men veux un peu pour Hélène,
je ny avais pas pensé. Je laime vraiment bien, Hélène.
Eurasienne ravissante aux seins fermes et lourds, comme ces fruits des
marchés de Bangkok.
Cyril est triste de sa poupée de paillettes.
Il est temps de partir. Partons. Dans la rue, nous faisons la route
avec deux énergumènes de VSD, petit gros déçu
davoir dragué celle qui recevra le flot poétique
et phallique de Yann, et un autre qui nous saoule de sa harangue sur
la dictature de Sarkosy et compères.
Dailleurs la petite visée, blonde au visage rond, me plaisait
aussi. Avec ses bottines et son grand manteau de laine, elle avait un
côté pute de campagne, que jaime assez.
Rodolphe
conduit la caisse de Cyril jusquà chez lui, aux Gobelins.
Il me dit quil sest bien amusé. Cest une date
historique ! Le 6 septembre 2002. Notons-le.
En
route pour Touquin, pour Faremoutiers. Heureux. Tout de même.
Béné aura eu le mérite davoir fait renaître
de belles choses chez mon Cissou.
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