Je m’épanche de mes " échecs " à VTC. Je plaisante grivoisement avec FK. Je discute magie des femmes avec JA.
Toujours cette pluralité des échanges, cette frénésie à communiquer. Chaque message écrit me permet de rester en vie et de poursuivre le récit. L’histoire doit être nourrie d’histoires. Vraies. L’idée de ne pas dire la vérité est encore plus insoutenable que la tentation d’un mensonge. Toujours se confier, s’épancher, parler de soi.
Je parle toujours de moi, ramène tout à moi. J’écoute beaucoup aussi, mais peut-être, égoïstement, pour me nourrir des moments des autres. Je retiens tout. Pour mieux m’en repaître. Pour m’en servir de matière première littéraire. Je n’invente jamais rien, même dans mes écrits romanesques. Je cuisine la réalité. Pour lui faire dire pas grand-chose, je le confesse.
À FK, je résonne en grivoiserie, " ce n’est pas ma profondeur préférée ", avec VTC, je me morfonds en colère, " j'avais besoin de prendre la mesure, une semaine glauque, toucher le fond pour rebondir, et repartir ", avec JA, je fredonne harmonieusement au refrain de " femme, femme, femme ", déesses et mères.

Une journée qui a commencé avec la satisfaction d’un écho, d’un bel écho. D’un écho de rage & de colère.
Je notais récemment mon étonnement au silence, au non-appel au boycott de l’état hors-la-loi d’Israël. Je suis désormais " satisfait ".

Voici les propos du Monde :

" Le 16 décembre, l'université Paris-VI - Pierre-et-Marie-Curie, outrée par "la politique actuelle de l'Etat d'Israël", avait appelé à des sanctions à l'encontre des universités israéliennes. Son conseil d'administration avait demandé le non-renouvellement de l'accord de coopération scientifique passé entre l'Union européenne et l'Etat hébreu. "En versant de l'argent aux facultés israéliennes, Bruxelles soutient Jérusalem, estime un enseignant de Paris-VI à l'origine de cette action. Compte tenu du sort indigne réservé aux Palestiniens et de la violation continue des résolutions de l'ONU, c'est inadmissible." Un texte allant dans le même sens figure à l'ordre du jour du conseil d'administration de Paris-VII prévu mardi 7 janvier. "

Puis, la machine à amalgames & manipulations intervient et écrase tout :

" Rassemblés à l'appel de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et Alexandre Adler, des responsables politiques comme le député (UMP) de Paris Pierre Lellouche, des responsables associatifs comme Yassir Fichtali, président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), et l'avocat Arno Klarsfeld ont fustigé ce qu'ils considèrent comme un "appel au boycott". Le philosophe Alain Finkielkraut s'en est pris aux universitaires inspirés par "l'esprit de Durban" – référence à une conférence où le sionisme avait été assimilé au racisme, fin 2001. "L'antisionisme est le nouvel habit de l'antisémitisme, a lancé Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu'on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs."

Dans la foule, on remarquait la présence du député (PS) du Val-d'Oise et ancien ministre, Dominique Strauss-Kahn, accompagné d'Anne Sinclair, de Serge Blisko, député (PS) de Paris. Très unitaire, la manifestation rassemblait des représentants des Fils et filles des déportés juifs de France, du B'nai B'rith, de Shalom Archav, et de la Ligue contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Licra). Plusieurs drapeaux français flottaient, mais aussi, sans que personne ne semble s'en inquiéter, quelques fanions jaunes de la Ligue de défense juive, organisation extrémiste interdite en Israël. Un représentant du mouvement pacifiste Shalom Archav, qui a pris la parole à l'issue de la manifestation, s'est fait huer quand il a déclaré que "la colonisation ne mène nulle part". "

Il n’y a rien d’autre à dire, et j’en ai déjà assez parlé. Je me souviens même d’avoir expliqué comment Israël était un état " fasciste ". Il y eut le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Roumanie, et les nations soviétiques, si on fait un packaging (un amalgame ?) " totalitaire ".
Israël a une place privilégiée dans cette série de l’ordre clanique, qu’il soit national, racial, social ou religieux.

Je préfère ne plus y penser, et me replonge dans Kafka et ses illuminations talmudiques.

Le petit blondinet me raconte son enfance. Fils unique d’une maman qui garde des tous petits. Il n’en a jamais été jaloux me dit-il. Il me raconte ensuite ses révélations féminines, ce matin encore.
Ce brave petit gars aura beaucoup de souffrances, de déceptions. Pour sa part, il se réfugie dans la contemplation d’icônes telles que Nathalie Portman et dans l’illusion de la SF.
Je me rends compte, comme FL, que je suis très sensible aux beautés hébraïques. J’ai d’ailleurs une idée très sensuelle de Sarah. Jeune, rousse, bouclée, yeux verts opalins, galbée, aux seins majestueusement fermes et aux tétons piquants. Très loin de la vieille femme qui donna le jour à Isaac.

Ce midi, j’ai appelé " Legere ", voix de moche (ne pas s’y fier). Mais je n’ai pas pu déjeuner avec elle. En raison d’une fuite d’eau chez elle, d’un boulot à finir pour moi. Qu’est-ce que je fous dans de tel plan ?

Avec le petit blond, je descends à Marles-en-Brie. Notre bus n’est pas là, et ne viendra pas. Il prend un bus qui va à une ville plus près de son village.
J’appelle mon grand-père, cela m’ennuie de le faire conduire en pleine nuit. Je reste dans le vent gelant, les oreilles et le nez saillants. C’est pas facile d’avoir un grand nez lors des grands froids. Et d’être dehors.
Je fais les cent pas. Je remarque une très jolie blonde, je m’approche, tourne près d'elle tel un prédateur, ou un chiot qui désire pisser. Grande, visage rond, mince mais gironde (cuisses et poitrine), habillée de noir, les cheveux bouclés.
Je ne pense pas l’avoir déjà vue. J’aurais pu la voir à la lumière du bus si cet imbécile était passé.
J’ai la bouche paralysée que je ne peux me lancer dans une conquête de cette importance. Très vite, une voiture grise, la nuit, toutes les voitures sont grises, vient l'emporter et je me retrouve sans rien à rêver.

Il fait froid, je ne bouge plus, le groin collé à la vitre d’un abribus et zieutant au loin l’arrivée salvatrice de pépé. On s’habitue au froid. Mais il ne faut absolument pas modifier sa position sinon c’est la grelotte assurée. J’ai bougé.