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Une semaine bien longue. Une semaine féminine. Je peux le dire
; bien plus que dhabitude.
Jessica, Eda, Laetitia, Stig, Karine, Valérie, Marjolaine, Juliette.
Chloé. Cest marrant de voir ces prénoms sur la liste
des mails reçus.
Bizarre,
comme la machine sur laquelle jécris, celle dun ami
qui a vendu 400 000 livres en France, et quelques-uns dans des pays
étrangers. Fred ma prêté son portable pour
la semaine, il est parti écrire à Megève, un best-seller
de septembre-Grasset.
Mon
mac est HS depuis samedi après-midi, juste après avoir
reçu des nouvelles de Willy, un collègue et " ami
" de lépoque Cormier. Un retour en cette période
glauque, douloureuse, difficile de ma suspension. Malheureusement ces
" gentils " messages ont disparu, je le crains. Perdu dans
un ordi capricieux, et détraqué. Cassandre javais
été à ce moment. Il le reconnaissait avec le recul,
je ne lui en veux pas. Je suis même plutôt content davoir
de ses nouvelles. Il bosse avec un petit gars qui ma vu, lorsquil
avait treize ans, ivre mort chez lui. Jétais ami avec ses
surs, Corinne et Stéphanie. Le monde de Stéphane
est petit. Ou ma bamboche est grande, était. Je me souviens de
cette soirée-là, chez ce petit Christophe. Javais
fini dans le caniveau, ramassé par le chef de centre des pompiers
de Rozay, celui-ci revenait de Touquin, de chez moi, où il avait
dîné avec mon père. Moi, je devais pieuter chez
mon père. Un échange de maison, quoi. Et en rentrant de
chez moi, il me trouve dans le caniveau de devant chez mon père.
Il me ramasse, et se prend un bourre pif de champion. Sanguinolent ladjudant-chef,
mais me ramène tout de même chez moi, à Touquin.
Je ne me rappelais plus de rien le lendemain. Honteux, ni de la portière
cabossée de Rodolphe A.
Le petit qui mavait vu partir en couilles chez lui se rappelle
donc très bien de moi, échalas épris de Borel,
et de bordel. Au bord delle, dans ce caniveau. Pour reprendre
le très beau titre de la nouvelle de David Foenkinos.
Puis
block out de lImac
déprime
lonanisme
cathodique est tragique. Plus douverture avec lextérieur.
Plus de moyens de lire ou décrire avec les autres. Je voulais
pourtant reprendre " SM ", un roman Citroën. Et je suis
sûr que Philippe a débuggé bordel, et je suis sans
moyens.
Je me sens challengé par le destin, le hasard
Tout marche
pour toi, tu ne crois pas que cela sera sans obstacles ! Je replonge
le nez, longuement, dans des passages de Drieu, dans les bordels espagnols.
Jappelle Sébastien, pour des conseils, comment réparer
mon ordinateur. Il me parle de sa soirée de la veille, à
Chailly, chez Aline G. Il a rencontré une amie à moi ;
à ce moment, je sais exactement qui cest. Dans la semaine,
Valérie mavait mis en relation avec Stig, une amie à
elle, chroniqueuse à lidéaliste. Javais pensé
à en parler à Sébastien, à propos du site
de Valérie, Ferdi et Iconoclastes. Mais connaissant ses travaux
en cours, sur les twins power, je navais pas osé. Et cest
elle, dans la pampa briarde, que Seb rencontre
et en vient à
parler de moi.
Mon
mac est malade. Mes soirées sont tristes, et courtes. Je me couche
tôt. Jeudi arrive, je découvre la future couverture de
bordel, revue, collectif, fédération, meute, bande, panorama,
panoptique, état des lieux
que choisir ?
Je suis avec Eric BB, dans le bureau de Frédéric exultant,
enthousiaste. Je suis troublé par Juliette, je suis con. Une
charmante femme. Femme et non fille, Chloé et Eric me reprennent
ce midi, à la Rotonde. Chloé, décolleté,
petite fille speedée, prise dans les nasses de messes de pacotilles,
de carcans juvéniles. Jaimerais tellement la secouer dans
ma verte prairie. Eric, épaules perpendiculaires, des hum hum
qui placent le monsieur parmi les mecs bien.
Reviens tard, avec les maquettes en poche intérieure, et un mail
de Marjolaine. On se verra le soir à la soirée de départ
dEric TC. Jai peur de larmoyer un peu, ou de me figer dans
un visage Browninguesque. Chaney horrible. Pourtant jaimerais
tant lui parler, tout partager avec elle, regarder sans bouger nullement
son visage de grand-mère, ses pattes doies immenses et
ses petits yeux de perdrix rouge. Elle ressemble trop à Fouché.
Même dureté.
Jai peur de la croiser
Heureusement, grâce à
Karine, Pascal, Pascal, Rodolphe, Sébastien, Cyril, Régis,
Thomas, Florent, Mathias sont sur la liste des invités. Je ne
serai pas seul, sans oublier Olivier, Franck et Sébastien.
Mais aussi Valérie.
Je retrouve Valérie dans la soirée bon enfant de BETC.
Pascal J et Cyril nont pas pu venir. Pascal B et Thomas sont bien
éméchés, Sébastien a un foulard malien sur
le crâne, Régis un t-shirt à piques, Flo un fut
à franges et Rodolphe un col roulé blanc. Javais
feinté Marjolaine lors du spectacle den bas, mais au 5e,
je me décide à lui parler. Ça se passe bien. Mes
copains la découvrent. Ils la jugent sévère. Elle
me reproche de lavoir étouffé, trop de mails, pas
assez dO2. Juste avant Valérie me disait toute la gentillesse
de Karine pour marquer les copains, quelle aimait voir apparaître
" stephane.million " sur sa messagerie. Toujours drôle
ou marrant. Une bouffée doxygène. Marjolaine ne
le respire pas ainsi ; au lieu de me dire, tu es laid, tu ne me plais
pas. Cela serait pourtant si simple. Elle me donne des conseils pour
la prochaine. Je suis partagé entre lenvie de la jeter
du 5e, et un ras-le-bol désabusé. On parle longtemps,
je suis Hugo, elle est Juliette. Qui est le prof de tennis ? Je suis
bien trop malheureux pour être saoul. Je reste tel un champion
du monde de " 1, 2, 3 soleil ".
On se recroisera plus tard. Discutant un peu. Cest une fille détruite
par un amour hiroshima. Se dit-elle en " refusant " un mec
génial tel que moi, tu vois ce que je lui fais souffrir à
ce " connard ", comme je suis forte, dans un dialogue imaginaire
avec son amour pas passé ?
Etrangement, je sens aussi que je lui fais du bien, elle suit ma main
posée sur elle, pour la guider, linstant daller chercher
son paquet de clopes. Je lui dirai au revoir, toujours sur le dancefloor.
Cest une jeune fille douce est en mille morceaux, faire souffrir
la guérit peut-être. Je suis bien incapable déprouver
quoi que ce soit : un énorme je men fous.
Un sentiment de bonheur, ou de non troubles, plutôt. Grâce
à la gentillesse constante de Valérie, envers mes amis
& moi, et la présence de ces derniers. Par la certitude quen
dehors de mon ingrat physique, je suis un type qui mérite.
Toujours
Hugo, je rejoins ce midi, Juliette, légèrement retardé
par une réunion de dernier moment. Voix chaude, message martial
sur sa messagerie. Je charrie un peu sur celui-ci, mais la braise est
douce. Chaleureusement aimable. Des yeux bleus " impactant "
en pleine lumière des échoppes de la rue Buci. Thomas
a organisé un dîner tous ensemble, le soir de la St Valentin.
Je nai jamais connu aucune St Valentin. Encore une Juliette. Bénédiction.
Chez
Flammarion, Juliette a la voix rauque dune gorge souffrante. Une
jeune fille blonde et poupon signe son premier roman. Elle ne sappelle
pas Juliette. Fred est heureux, il part écrire, je débranche
son ordi. Un fil. Dans ma sacoche. Entre ma serviette de bain et ma
brosse à dent. Je suis prêt à partir, je salue les
gens gentils.
Charles,
fou-heureux comme un gamin recevant un vélo rouge, me fait part
de son envoi éminent dune longue nouvelle. Le train est
déjà parti. Jarrive.
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