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La journée des deux cadavres. Lépave entre les deux
morts. Je ny crois plus, je ny veux plus. Je ny peux
plus. Lames, ascenseur décroché, ventre ouvert. Rasoir,
coupant, pesant. Odeur du métro, sueur du RER. Porte du wagon,
escalator. Retors. Rotor. Palindrome. Je cours, je plonge, je marque.
Au sol. Un Nègre, jogging aux genoux, affalé, abattu.
Cadavre africain, puanteur de lhomme mort. Un rasta joue au fond
du wagon, deux touristes assis près de lépave. Les
gens descendent à " Etienne Marcel "
Le mort
ne les dérange pas. Ils passent au-dessus de ses Nike bleues
et jaunes.
Journée
morne, pleine.
ABBA. B.A BA. BABA.
Abats.
A bas. Ah bah.
Courir
vers la gare, le quai, le train, la banquette.
Allongé, un pied noir, crasseux, dégueulasse. Un Nègre,
bombers noir, étalé, écrabouillé au sol.
Tarmac. Pas de hamac. Macaque sur macadam. Macassar qui pue. Plein soleil.
Terrasse. Café. Filles, eh garçon !
Est-ce le même cadavre ? Le matin, le corps avait poursuivi sa
route, vers Clignancourt. Ce nest pas le même macchabée.
Personne
ne réagit.
Je ne réagis pas. Naime pas les Africains ? Men fous
des morts.
A
lEst tous !
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