Le
conditionnement des conditionnements, le réveil. La semaine,
bien programmé, jouvre les yeux, le pouls alerte, toujours
à la même heure. Je me penche dun geste brusque et
anxieux vers mon horloge. Celle-ci indique immanquablement " 6h40
". La sonnerie étant programmée pour " 6h45
". Dans
le RER, je repense à mes propos sur Israël. Je me dis que
je passerais facilement pour un antisémite, quoi que jaie
pu expliquer sur les descendants de Sem (juifs, chrétiens et
musulmans) dans mes pages précédentes, par mes prises
de position, par ma lecture de Drieu, par mon goût pour les beautés
juives, jai la panoplie d'un parfait antisémite. Dans
le train, mon esprit divague dans ce paysage de terrains vagues peuplés
de carcasses métalliques et bétonnées. Je pense
à des enfants. À la joie dêtre père.
À la joie de deux perles de bonheur qui vous appellent "
papa ". Ma
vie est une billevesée, une farce ridicule. Un vent vain dans
un boyau : un pet quoi. "
Il n'y aura plus désormais que deux catégories d'hommes
: les veaux et les révolutionnaires. En cas de mariage, ça
fera des réveaulutionnaires ". "
Billevesée " et " réveaulution ", la journée
nest pas si glauque que cela
On mange la galette, la quiche,
la tarte des rois. Je
pars de lagence à la limite du train raté. Je cours,
je zigzague. Entre ces cons déambulants du matin au soir. Dans
ma boîte aux lettres : " La vanité des somnambules
" dédicacé par Chloé ; javais justement
déposé un message sur son répondeur en fin daprès-midi,
car elle me manque. Chez pépé & mémé : " Les amants du nimporte quoi " et " Mer calme à peu agitée ", que mon grand-père est allé chercher chez Pablo.
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