La
perversion n'existe pas. On est toujours le pervers d'un autre. Mais
la perversion qui n'existe pas disparaît intégralement
à la vue d'une grâce bien réelle. "J'aurais
dû me méfier. Le limbique est sauvage surtout le vendredi".
Je rigole sottement. Je n'ai jamais lu Michel Tournier. Au
travail, j'apprends plein de trucs incroyables. Mon horoscope celte,
ce qui me réjouit car je me sens de plus en plus celte. Paumé
dans mes fôrets. Planté dans ma boue. Sur
la salade : "Il
faut toujours se méfier avec la laitue. Comme lindique
monseigneur Gaume, dans son étude sur Le Signe de la croix (1864)
: "au monastère de labbé Aquitius, il est arrivé
quune religieuse, entrant un jour dans le jardin, vît une
laitue qui excita son appétit. Elle la prit, et oubliant de faire
le signe de la croix, elle en mangea avec avidité. À linstant
même, elle fut possédée du démon, renversée
par terre en proie à daffreuses convulsions." Ce qui
tendrait à prouver que, pour lÉglise, si lon
tient à garder sa chasteté, la laitue dHéra
est encore de trop. Il faut non seulement supprimer le sperme de lépoux,
mais encore lenfant de la laitue. Le sexe ecclésiastique
est donc une misère définitive. On se demande même
comment laitue a pu devenir objet dun jardinage papal, au xive
siècle, ou de la bénédictions dun prélat
du Poitou. Dautant que la salade fur souvent associée à
la prostitution. À Babylone, dit un texte sumérien, les
prostituées sacrées étaient coiffées comme
des laitues. Et dans la langue des souteneurs, au siècle dernier,
on disait dune femme non affranchie, qui nappartenait pas
au milieu, que cétait une laitue. On la même
dit finalement dune femme quelconque, sans intérêt.
"Quand on a une femme comme la tienne, on ne va pas se gaspiller
avec une laitue", dit Ange Bastiani. En tout état de cause,
prostituée ou pas, cest bien de la femme quil sagit,
et parfois même de son sexe buissonneux. Jamais apparemment la
laitue na signifié quoi que ce soit ait pu avoir un rapport
quelconque avec la vérité." Des
laitues pour caractériser des putes. Je comprends donc l'expression
du "panier à salades" de la police. Une
journée "intense" en échanges... Le matin, je
réponds à un mail de VTC, qui me rassure et m'encourage
à y croire. À croire en quoi. Quel affreux bilan d'une
existence d'un garçon bien sous tous rapports. Un
message d'Eric me fait rire joyeusement, discussion entre disciple sadien
et romantique... Une spirale d'influences. De
notre conversation, je lui promets de lui déposer très
vite les textes qui seront sur le site revuebordel.com. Chose promise,
chose faite dès ce midi. Je passe à "Copy cop",
je tombe dans le métro, m'évade, les yeux fermés,
durant le trajet, remonte la rue de l'Odéon à Flammarion,
pénètre, salue la fille et lui confie tout sourire les
160 pages. En
fin d'après-midi, bafouant les règles impératives,
circonflexe me passe un coup de téléphone, des remerciements,
bien mutuels. Grand plaisir d'entendre sa voix, de ce mélange
entre cerveau et lèvres, mélasse labiale et cérébrale.
Doux. "Kickboxer"
avec JCVD. Ce qui est pénible dans les films où jouent
des asiatiques, c'est l'horrible accent dont ils sont affublés.
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