RER : Samedi soir. Je l’ai déjà pris, en chemin inverse, le matin même. Levé à 7h40 pour prendre l’unique trajet d’un retour possible dans ma Brie natale. Je recommencerai idem le dimanche matin suivant, c’est-à-dire demain. Un week-end d’allers-retours et de correspondances. Ferroviaires et littéraires, on peut lire dans un RER. D’ailleurs, ç’a dû être inventé pour relancer le marché du livre, souvent du livre de merde. Il faut le reconnaître : Max Gallo et ses bios de la mort, les putes anglaises du polar qui pue, les livres excrémeniais de Jardin et des quantités colossales de merdes en tout genre.
Une grosse, quand je dis grosse, c’est obèsement inquantifiable, s’assied en face de moi, enfin, sur un strapontin dans ma ligne directe de vue. Son petit ami se glisse dans un espace inconnu et non défini. Il disparaît dans un trou adipeux de sur-matière.
Derrière moi, un petit rebeu joufflu et ventru se balade avec un chapeau de Merlin l’enchanteur sur la tronche et des Nike aux pieds. Disney, c’est de la merde, en quantité humaine. Donc sans fin…
Je dois retrouver Yann à une soirée, chez une amie, rue Pierre Demours, dans le XVIIe, la rue de " Comédie " et des Robins des Bois.
J’achète une Zubrowska et des jus à un Priso sur la route. À l’adresse indiquée, je phone YM. Il n’est pas encore arrivé. Il me dit de monter sans lui, de téléphoner à la fille. Je suis pas très hardi pour phoner aux gens. Un vieux grabataire arrive après moult efforts à ouvrir la porte, je le suis, après lui avoir demandé la permission. Mince, un autre digicode, un truc à pianoter. Il pianote, une voix lui répond. Je suis toujours, il monte, moi aussi. Un type nous accueille, je ne suis plus. Ce n’est pas la bonne soirée. Je redescends. Je fais quelques étages, écoute aux portes, à l’écoute de bruits de fête. Rien.
Je ressors et appuie sur le bouton du nom de l’amie de Yann. Pas de réponse. Une fille se trouve devant la porte. C’est elle. Merveilleux. Elle est tout speed, veut acheter des œufs. Moi, je veux bien. Elle me confie la mission de trouver des œufs et du persil. Je suis un type extrêmement serviable. Si.
Je reviens bredouille, le rebeu a refusé mon chèque, pourtant, j’avais pris plein de trucs exprès. Bref, je sprinte avec de la thune que me donne la fille. Je prends cette fois-ci que les œufs et l’herbe.
Soirée, appartement cossu avec chat à poils longs. Deux femmes, l’amie en question et une autre, un type, deux types, trois types. Un physicien, un photographe, un musicologue et deux proctologues (les filles). Moix et Moi.
Notre hôtesse est fort sympathique, sort avec des types vieux et originaux, JMP, un photographe des " yé-yé ", et maintenant, un proctologue people à nom de chien.
Tout se passe à merveille. Les types sont talentueux et chaleureux. Le photographe végétarien ne dit rien, le musicologue compte les mesures avec le physicien. Yann est terrible, il anime les débats, parle à tout va de Zappa et Djamila. Il a la pèche. Il me file un manuscrit de son futur livre, " Podium ", déjà lu en août, mais beaucoup de choses ont changé depuis. C’est gentil et vaniteux, je suis dans les " remerciements ".
Je rentre à 4h30, à pied, des Ternes à République. Descends les Champs, remonte Rivoli, tourne à St Paul. 7h40, métro, RER, Bus, chez moi…
" Quel marcheur, ce Million ! comme Péguy ! " YM
Dimanche, vu Pascal et Rodolphe. Entre deux siestes.