Dimanche 9 septembre :
Journée du dimanche, journée du RIEN. J'avais passé une soirée "hors du temps" la veille, à l'anniversaire de l'ex-copine (jour même) de mon ami Judi.
Ce dernier m'avait appelé dans la journée (du samedi), imbibé de Chivas. Il était tout malheureux.
Il me rappelle ce jour, pour prendre des nouvelles ; il ne se rappelait plus de m'avoir parlé la veille, durant 1h30 !
Je lui conseille de se calmer, d'aller voir un médecin (il avait eu des problèmes physiques graves), il pense avoir un ulcère d'où les saignements.
Il a toujours plu aux filles, il doit trouver une fille à Chauny. Il ne peut pas vivre tout seul, le petit lascar.
Il est en train de se détruire.
C'est de la trempe des grands artistes, mais il FAUT rester vivant. N'est-ce pas Michel ?

Lundi 10 septembre :

Promenade à Paris, débutée de la Sorbonne, dont le ravalement rue Champollion commence à être admirable, d'où l'intérêt d'aller à la fac.
Je dépose mon mémoire à l'école doctorale, comme l'année dernière. Mais cette fois-ci j'assure, je bavarde avec une petite qui s'inscrit en Maîtrise (avec Bussière, affaires européennes). Plein de jolies et appétissantes jeunes filles, des culs, toujours ces mêmes culs qui vous échappent et vous charrient de derrière. Je traverse les cours, les couloirs, tel un spectre, noir vêtu, tête haute, je souris béatement. Nul regard ne croise le mien.
J'ai un chapitre d'un roman dans la tête, je me raconte l'histoire, je me fais rire.

Je descends Saint-Michel puis me dirige Quai Conti, je croise la ruelle "rue de Nevers". C'est drôle, mon histoire se passe à Nevers, en partie. Un signe, qu'y a-t-il rue Nevers ?
Quai Conti, j'achète une médaille militaire pour mon grand-père ; il l'a mérité, on la lui a décernée, mais il doit tout de même payer pour l'obtenir (l'objet).
Descends la rue des Saints-Pères, passe devant Grasset, je tourne en rond, en carré, en rectangle dans ce quartier, rue Vaugirard, rue d'Assas, retour Saint-Germain, m'arrête dans les librairies près du Flore.
Je découvre les nouveaux livres. "A vide" de Luis de Miranda, que je vois bien pour le Flore.
J'avais eu tout bon l'année dernière, dès septembre.
Le livre a l'air sophistiqué, trop peut-être ? Il est construit avec Méthode, suivant un abécédaire. C'est toujours impressionnant les livres construits, mais très vite ça devient ennuyeux. Mais bon, le peu que j'ai lu me paraît très FORT.
Je m'arrête devant les "Grasset", des livres pompeux, hautains, aux titres prétentieux, une "bulle littéreuse", comme il y a des bulles spéculatives à la Bourse. Que penser de Donner, le petit chouchou de la rentrée ? ça a l'air assez chiant.
"Promenade" de Jauffret, je ne l'avais pas vu avec sa couverture personnalisée. Un livre dense, j'ai lu des passages à la FNAC, plus tard dans l'après-midi. Un grand livre, c'est mon nez qui me le dit, et j'ai le nez long.
Je feuillette le Nothomb de la saison, ça a l'air "pas très bon". Mais bon, on peut lui pardonner d'écrire un mauvais roman, moins de le publier.
Je tombe sur Duteurtre, le livre, qui est passé de Grasset à GALLIMARD, à la hauteur de l'esprit de Monsieur. Un prétendant au titre suprême.
Et beaucoup de Houellebecq, partout, plein, des cagettes entières…
Aux premiers effeuillages, Miranda et Jauffret sortent du lot.