Mercredi 10 Octobre :

Le Temps vu par des artistes contemporains qui ont des noms "Japonisants" :

On Kawara, l'Art au jour le jour :

Depuis 1966, il a marqué plus de deux mille journées avec ses tableaux. Méticuleusement, il passe cinq ou six couches pour obtenir un fond noir, régulier. Il écrit la date du jour en typographie classique. À côté de la date, il colle un objet, coupures de journaux, une phrase entendue…
On Kawara n'obéit qu'à un seul principe : ne jamais consacrer plus de vingt-quatre heures par œuvre.
En voyage, On Kawara tient aussi un journal de bord. Il peint exclusivement la date du jour.
Il peint le temps, sans détour, sans image. Il enregistre le temps, en temps réel.
Il envoie aussi des télex, des télégrammes avec comme seule inscription : "I'm still alive".
Cela lui permet de se situer son existence par rapport à une autre.
Il fait aussi des plans de ses itinéraires dans les villes qu'il traverse ; il écrit le nombre des années dans "One Million Years Past" (1971) soit 500 ans par page.
Se situer sur l'échelle du temps, mesurer sa propre existence, voilà l'unique but d'On Kawara.

Tatsuo Miyajima, la fuite du temps :

Sur des panneaux lumineux, des diodes rouges clignotent, des chiffres dans un ordre incompréhensible défilent. C'est la perte du temps, inéluctable, abstraite que nous propose Tetsuo. En séquences simultanées, de moins en moins quantifiables, les chiffres filent, le temps n'est plus mesurable.
Le temps linéaire d'On Kawara devient parallèle chez Miyajima.

Roman Opalka, l'infini :

Ce n'est pas un Japonais, mais bon, ça finit par "a" !
Il mesure le temps par une patiente addition qui conduit de 1 à l'infini (un 8 renversé). Son œuvre est un ensemble intitulé Opalka 1965/1-µ, dont chaque tableau est un détail.
Chaque peinture s'accompagne par une photographie prise à la fin du travail, pour montrer les effets du temps sur le visage de l'artiste.

J'ai pensé à ces types qui par des rituels rigoureux (comme tous les rituels !) étaient fascinés par le temps, la mort et les chiffres, en matant ce matin sur la Cinquième un cours de math.
Un vieux type avec sa craie, sur un vieux tableau d'ardoise, expliquait les fonctions continues avec des alpha, des bêta, des epsilon, des chiffres, des symboles. Le tableau en était rempli, comme une œuvre de Opalka.
Pour ma part, je suis d'une part nul en math (6 au bac, section "B") et je ne crois pas à la linéarité du temps, de la chronologie (calcul humain d'une durée) oui mais la notion d'infini est pour moi, pour l'instant, quelque chose d'incompréhensible et d'absurde. Le temps n'existe pas, enfin je le ressens ainsi. À développer…