Vendredi 11 janvier :

" En fait il y avait quelqu'un qui devait descendre Cossery (Guy Carlier) mais il a annulé au dernier moment et nous n'avons trouvé personne pour le remplacer... "
Il y avait donc quelqu’un pour mettre un bémol au consensus pro-Cossery, mais en même temps, c’est bien, pour ce vieux pépé de la littérature (qui reste comme même assez chiant, Laurent venant ici me rejoindre) d’avoir l’illusion d’être unanime. Surtout qu’il est très fier de sa philosophie de vie.

Je me suis baladé à Paris, dans un rectangle de la rue "Etienne Marcel" jusqu'au cimetière de Sartre, une bonne promenade. J'ai découvert en traversant différemment le Luxembourg qu'il y avait des terrains de tennis. Un couple tapait la balle, plaisamment.

C'est agréable de marcher. On voit plein de choses inutiles, mais qui permettent de nous tenir en vie.
On voit des labradors avec des balles de tennis dans la gueule, des filles avec de tout petits culs, des mendiants qui n'ont rien de philosophes, des mémés qui vous sourient, les seules d'ailleurs, des gens qui ne vivent pas, des cons qui font la queue au ciné en rigolant, des enfants enrégimentés observant les photos des volcans collées aux grilles du Luxembourg, des policiers esseulés, un couple qui s'embrasse sur un banc, Alain Gérard-Slama qui ne me reconnaît pas que moi si. Et des vendeuses toutes semblables et si désirables.
Paris est une grande ville humaine.

Dans mes passages obligés dans le RER, je lus (relus) " Chroniques de la haine ordinaire " de Desproges. Tout est si drôle, si juste. Je dois avoir chez moi l’ensemble de sa parution en " Points ", des petits livres bien pratiques. Je ne croise que rarement de jolies personnes dans le RER ; et lorsqu’il y a une jolie fille, elle ne s’assied jamais près de moi.
Je ne suis pourtant pas repoussant, proprement habillé, un livre à la main, je n’ai rien du goujat ou du serial dragueur relou. Mais je reste cantonné aux mémés bavardes, aux adipeux en sueur, aux étudiants en informatique, aux lecteurs d’Harry Potter. C’est désespérant.

Je n’arrive pas à me plonger dans un truc bien précis. Je me dois de me remettre à écrire, mais je n’y arrive plus, aucune envie. Je me promets d’écrire à Olivia, mais idem, je scotche sur la télé. Je suis cathodisé à donf.
Petit rayon de sourire, Emma de Caunes dans Casablanca sur France 3, chez Fogiel, l’ignoble ignare.