J’ai les yeux en feu, quelle connerie d’avoir laissé durant deux jours de l’eau de javel dans les sanitaires ainsi que dans ma douche ! Je me croirais à la piscine, gamin avec ces cons du CM2.
Et moi, minot du CM1, je nageais comme un auvergnat, un limousin, enfin un de ces trucs qui nage pas super. Toujours à être coulé par ces grands cons de 9 ans.

Deux jours à Paris, à manger à MacDo, à dormir chez Sébastien avec ses voisins, la rue et toute la France sous ma couette.

Je navigue en ce moment, de rue en rue, souvent la même. J’arpente le trottoir, de République à Gare de l’Est, j’erre. Je marche vite, et seul d’ailleurs. Je souris à tout le monde vers République, un peu moins en avançant rue Magenta. Longue succession de boîtes d’intérim du bâtiment.
Église Saint Laurent, la rue où Sébastien a passé son permis, la rue Sibour. C’est chouette, toutes ces coïncidences à la con. J’y prête trop d’importance.

Lundi soir, soirée de la projection des Silmarils. J’avais été briffé par une newsletter du site et un mail de Côme le paisible, le tranquille, le sage. Il est tout lumineux ce type. C’est lui le plus clair du groupe, vraiment reposant, serein, accueillant.
Le film était dans l’ambiance du groupe, avec son évolution, mais on sentait l’âme de la bande d’amis. Bon moment, la scène avec les photos des premières années de concert. Côme s’en sort encore le mieux, mais y avait de belles tronches, cf. le brushing de David, quelque chose.

Je tournais un peu en rond, en zigzag, me faufilant parmi les gens, les filles, y avait que des donzelles, et moi, tout seul, encore, pour ne pas changer.
Le groupe était pris par une multitude de caractères, même un type qui ressemblait à Vincent Gallo, et une fille qui ressemblait vachement à Chantal Lauby, vu que c’était elle.
Elle a participé au film, de petites séquences en incrust’, bien.
Posé, raide, limite hagard, je me projetais au départ. Lorsque…
Une voix charmante et féminine me teint à peu près ce langage : " Vous avez l’air romantique, ça vous va bien à l’exception des chaussures ".
Un doux visage, une belle femme, quoique âgée, mais très séduisante. Noire vêtue, un joli dessin de visage, un corps gracile, une élégance câline. À croquer sans complaisance. Elle était accompagnée de deux gitans, dont un guitariste amoureux de Jean-Baptiste Reinhardt.
Cette douce femme s’avérait être un écrivain, des poésies, des romans, des essais chez différents éditeurs. Le monde est petit, surtout le mien.
Avec du courage, un verre d’alcool, je lui aurais dit ", " vous me plaisez ", mais non, je suis parti avec courtoisie et délicatesse. Elle m’a de nouveau dévoré, je ne serai pas le " petit jeune " du soir.

Je suis rentré heureux d’avoir été séduit par une femme de sensibilité. La journée se finissait bien.