Solal
hivernal est là ! Je
reçois une bonne nouvelle pour mon réveil, le " Cri
du sanglier " sera publié chez Denoël. Soleil
traverse mes rideaux filigranes. Donne une couleur miel à mon
sol. Je prends un bouquin, celui de Zeller, allume la télé
et pars aux toilettes, porte entre ouverte. Paris
Première avait dû être la dernière chaîne
de la veille. MAPS. Ça tombe plutôt bien, je vais pouvoir
voir un peu ce que JBB fait ; je matais l'émission au début,
mais il ne devait pas y être encore. J'apprends
que je suis In : style costume sobre dandy, bouffe de la vraie graille,
écoute du rock, une déco minimaliste boisée et
même la barbe d'une semaine ! Jy
vois aussi le beau JG baragouinant je ne sais quoi sur le minimalisme
en déco, perso, je me rapproche plus d'un intérieur Frank
Lloyd Wright que dun truc monochrome new-yorkais. Un minimalisme
Celte, avec du bois, de la chaleur des raboteurs de Caillebotte, des
livres partout comme uniques bibelots. Sans oublier les sculptures de
Judi, seul tailleur de pierre des Beaux-Arts. Dailleurs il faut
que je pense à appeler ses parents pour avoir son fixe en Picardie,
cela fait des mois que je suis sans nouvelles, et jai paumé
son numéro, noté sur une enveloppe dune facture
lambda disparue dans la blue poubelle. À
qui s'adresse l'émission ? Pour les Rastignac venus à
Paris pour devenir Baer, Wizman, Beigbeder (qui tous droits sont de
purs produits Paris) ? Pour ceux qui bossent dans la COM et qui veulent
savoir quelles sont les tendances et les lieux où être
? Jérôme
Attal occupe lespace sonore de la grande salle ensoleillée.
Les poutres reflètent les cristaux de dehors. Je reste le (long)
nez collé à la vitre. Le ciel est si bleu. Je devrais
sortir, faire un tour de VTT. Pour affermir un peu les sacs de cellulite
qui squattent mes flancs. Mais je reste collé. Je pourrais également
appeler ma mère, lui proposer de boire un café, de regarder
la télé. Mais je reste collé. Je me dis que je
suis un mauvais fils. Elle, seule. Moi, seul. Elle, avec ses animaux.
Moi, avec mes chimères. Je
suis tout de même parti faire du vélo. Un petit tour et
puis cest tout. Ma roue arrière trop dégonflée
pour tolérer mes ambitions kilométriques. À pince,
je me balade, vers le terrain de tennis. Cest un temps à
tennis. Pas vent. Une belle lumière. Sur le terrain une nappe
blanche, en dessous une gelée de glace, au dessus, quatre adolescents
pingouins et mouettes rieuses.
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