Dimanche 13 janvier :

Je me plonge, je n’y avais auparavant jamais songé, dans une recherche Internet sur Nicolas Rey. Le fait de l’avoir revu dans la semaine n’y est pas étranger. Je tombe sur plusieurs Nico possible, un fou de Flash, un prof de chimie lyonnais, un cinéaste bordelais. Burgonde vinasse ou nectar de Gironde ?
Rey est avant tout un écrivain dans la lignée des éNeRVés, un ami de Jaenada, un proche de Beig et de Moix. Une relève à la descente d’un Djian, au calcul d’un Houellebecq, à la chianterie d’une Angot, au melon d’un Dustan.
Rey, c’est un jeune vieux. C’est un type de 74 doux et âpre comme un Figeac 74. Rey, c’est une liqueur polonaise que l’on jalouse et garde pour la mort du Pape, c’est le goût du temps qui passe, un Sisyphe impassible et tout gai.
C’est vrai qu’il a l’air tout malheureux, accablé sous une bosse chanceuse, touché par un sort triste de joie. Toujours un sourire lorsque nous nous rencontrons ; une véhémence enthousiaste d’un Malraux de la hype littéraire, il clame Djian de son sang, il lit Djian comme l’on rêve d’étreindre la belle Bellucci.

Je lis quelques interviews données à des sites au moment de son prix de Flore. Dustan se trompe, Beig était définitivement de mon avis, pour Rey. RC doits se gausser, lui qui n’aime pas les prix, enfin trouve cela ridicule. C’est vrai mon ami, les prix sont ridicules.
Dans l’interview qui a été publiée dans Technikart n°50, je crois., je me souviens d’une phrase d’un pote de RC, Charles Pépin (Monsieur Philo chez FOG, et spécialiste distant de Sartre sur Arte).
Pépin, chroniqueur à Technikart et donc camarade d’écriture de Nicolas Rey, tint à peu près ce langage à son ami auréolé d’un Pouilly à l’année : " Ne sois pas triste, être triste est une attitude de droite ".
Que comprendre ? Dans ce journal, je m’étais essayé avec l’aide d’Emmanuel Berl, à faire un portrait de l’homme de droite. Je n’avais alors pensé inclure la tristesse (peut-être la nostalgie ?) comme un élément propre.
Nous ne sommes pas un individu " humain " mais une structure " humaine ", n’est-ce pas Jacques Braunstein ?
La tristesse serait un épanchement de l’homme de droite. Sans sombrer dans un dualisme que l’orientalisme ambiant propage aussi bien qu’un Dalaï-Lama super " Star ", je crois bien que tristesse et joie sont étroitement liées comme dans un vers de Vielé-Griffin.
Quelle autres base à la création que la souffrance ou la tristesse ? Cet aphorisme bretonnien est assez déconcertant. Pépin épargne nous tes brefs axiomes pour m’éviter des calembours qui nuisent terriblement aux dernières limes de ma fierté.
Ou alors, non ! Pépin scindait en deux le sentiment : à droite, la tristesse et les tempes grises, à gauche, la joie qui grise. Nous serions donc une cohabitation permanente, une alternance alternativement balancés entre la tristesse et la joie. L’homme de gauche serait par conséquent celui qui se montrerait le plus souvent optimiste. L’homme déchu de droite voué aux vicissitudes du pessimisme se tourmenterait indéfiniment sur un temps passé à jamais.
L’insouciant face à l’aigri. Est-ce cela mon petit Pépin ? Ou peut-être n’y avait-il rien à comprendre à ta réplique ? Seulement un bon mot du moment.