D’avoir revu P.R.O.F.S de Schulmann, ça me donne la nostalgie de l’enseignement ; de ces courts mois à " jouer " les profs au C.F.A de Coulommiers.
J’avais une approche assez ludique et critique de mon poste, comme le personnage joué par Bruel. D’ailleurs je me demande si c’est durant ce tournage qu’il est devenu un inconditionnel joueur de poker, qui le menant à un titre mondial à Las Vegas quelques années après.
Malheureusement, les élèves sont rarement d’aussi dociles chérubins. J’avais plutôt une faune bigarrée, inculte, mais laborieuse si l’on savait la capter. Pour capter, il faut aimer. Beaucoup enseignent pour la routine, le confort et le besoin de travailler. C’est l’unique problème de l’éducation, la conviction, la motivation, la vocation.
J’enfonce des lieux communs : la plupart des profs n’aiment pas enseigner. Et bien pire, les mêmes individus sont en plus des ignares. Ayant stoppés la quête de connaissances à l’obtention d’une misérable licence, maîtrise, ou d’un pitoyable concours.
Les bons profs étouffent entre cette bêtise ambiante et le principe de Peter inné à l’administration. Ce que le film montre avec tant d’intelligence.
Patrick Schulmann était un grand réalisateur, et un esprit fin et cynique. Une griffe. C’est un peu la soirée cathodique dédiée aux caractères cinéphiles avec l’hommage à Pialat. Le choix de " Nous ne vieillirons pas ensemble " est fort évocateur également, Pialat et Jean Yanne. Une autre figure vraie et puissante du cinéma & plus. Récompensé à Cannes, alors qu’il était en villégiature sur les rives anatoliennes. Loin des méandres spectaculaire de la farce cannoise.
Ronchon, malin et sincère, " cynique " aurait dit la séduisante prof de philo. Il n’y a plus de tels personnages aujourd’hui. Plus de gueules, de coups de gueule, de bile ou de fougue.
Loin sont les films de Boisset, Jessua ou Blier. Disparus " R.A.S ", " Paradis pour tous ", " Calmos ".
Plus rien du " Le prix du danger ", " Les chiens ", " Buffet froid ". Que dénonce le cinéma ?
Moins que rien. Des " fils de " dans des films de " fils de ".
Si. Peut-être Philippe Grandieux. Sans oublier Gaspar Noé. Et Claire Denis ?

Mais " I comme Icare ", les films avec Dewaere, la critique politique, l’empreinte idéologique. Je n’aime pas ce dernier mot, gardons politique. Quels films ?
Contre le totalitarisme spectaculaire ? Contre le consumérisme jusqu’auboutiste ?
Des fables molles et sottes, rien de mieux. Le cinéma ne dit plus rien, ne parle plus. Et je n’y vais plus.
Je regarde tout juste les B.O à la téloche et sur le Net. Le cinéma est moche. À vide. Sans viande.