C’est pénible la farce irakienne. Je m’opposais à la politique de Bush, mais là, j’ai hâte qu’elle commence, enfin qu’elle finisse. J’en peux plus des rebondissements médiatiques, des gueules enfarinées des journalistes animateurs.

Fatigué des guignoleries nées du 11 septembre…
Le jour même, je sentais que la victime allait devenir une force absolue, que les victimes du spectacle de l’effondrement des deux tours (comment croire qu’une telle chose soit possible, soit laissée possible) allaient en ressortir grandis et omnipotents.
Que Israël en profiterait pour accentuer sa destruction ethnique, son crime contre l’Humanité…
Que Bush en profiterait pour devenir un président incontournable.
Que les USA en profiteraient pour résoudre ses problèmes géopolitiques et énergétiques.
Que l’échec de la reprise de l’exploitation pétrolière en Alaska (USA) serait effacé par la contrôle du pétrole moyen-oriental.
Que le " méchant " se cacherait dans une zone idéale pour les USA : la zone du oléoduc du pétrole du Kazakhstan.
Qu’on allait nous bassiner le cerveau pendant des années de ces deux tours à la con.

Comme si créer un islam fondamentaliste était une volonté de puissance pour les USA. Créer un méchant qui :
- permette l’éradication ethnique des Palestiniens
- permette une politique impérialiste sous couvert de quête " morale "

Lors d’un crime, on a l’habitude de se demander, à qui profite-t-il ?
Ici, c’est simple, à Sharon et Israël, qui confisque la Shoah et " l’attentat " du 11 septembre, à Bush, devenu chef de la Liberté, et donc à l’islam fondamentaliste, le nouveau " méchant ", bien complice.

La bêtise mondiale veut nous faire gober que Ben Laden (wahhabite) est proche de Saddam Hussein (baasiste). L’Irak, terre biblique, du paradis perdu, entre le Tigre et l’Euphrate, terre où aujourd’hui, des chrétiens vont à l’église, en paix, terre où le premier ministre est chrétien, terre où les femmes ne sont pas voilées, terre où des étudiants parlent plusieurs langues, terre où l’état est laïc, cette terre, où le président est élu avec 18 points de plus que le notre, cette terre de notre histoire (naissance de l’écriture et de nos mythes fondateurs : Gilgamesh), cette terre est l’objet de convoitise, cette terre sera bientôt colonie. Bombardée par un peuple dont le président prête serment sur un livre écrit sur cette terre.

Qu’il la prenne ! Non de Dieu ! Qu’il la prenne, qu’il fasse ce qu’ils veulent ! Mais bon, allez-y ! Marre de voir vos gueules !

Marre de ces cons : guerre ou pas guerre ! Putain, la guerre n’a jamais cessé !
En 1945, Israël a pris le relais de l’ignoble, dans l’extermination d’un peuple, au nom de Dieu !
Au nom d’une Race ! L’histoire est sarcastique. La guerre n’a jamais quitté l’histoire humaine. Nous sommes en guerre depuis la genèse, la genèse dans l’Eden de Mésopotamie. Il n’y a pas un jour sur terre où il n’y a pas eu guerre. Pas une minute sur cette terre. Jamais.

Alors Marre de cette histoire de paix ! Il n’y a pas de paix possible ! Un peuple souffre à nous faire gerber de son souvenir de souffrance, et que fait ce peuple une fois libéré ? Il crée des colonies, assassine des gens, extermine des populations.

Que les Juifs exterminent les Palestiniens, que les USA exterminent les " ennemis de la Liberté ", les belliqueux, ceux qui ont des bombes, alors qu’eux, ont une bombe énorme… La plus grosse bombe du monde, mais une bombe " morale ". Qu’ils se débarrassent de tous ces gueux qui portent la civilisation de nos aïeux. Qu’ils détruisent Babylone, qu’ils punissent ceux qui ont mis en esclavage le peuple élu, qu’ils vengent l’élu de Dieu, mais vite, que l’on passe à autre chose.

J’offre un bouquet de fleurs, à ma grand-mère. Nous trinquons verre en main à ses 72 ans. Nous trinquons, et je suis bien fatigué. Je suis fatigué, et je le suis bien, fatigué.