Je sors le premier du wagon, deux femmes me suivent. Rien
dextraordinaire. Je suis sur le quai du métro de Saint Sulpice,
et me dirige vers la sortie.
Une porte, celle avec le rectangle vert, que je vais devoir pousser.
Sus à lennemi !
Une première tentative échouée, une deuxième honteuse,
jy mets, pour le troisième essai, toute la puissance de mon épaule.
Ouf ! Elle plie face à mon obstination. Les deux femmes me félicitent
du regard. Cest ça, être un héros ordinaire.
Je ne débarque pas à lendroit escompté. Je reconnais
un peu le quartier, jy erre si souvent. Japerçois la façade
échafaudée de lÉglise. Ce sera ma mire, mon objectif
pour le moment.
Sur la place, je cherche la rue de la libraire de lâge dhomme.
Je trouve facilement, des gens discutent, vident des godets sur le trottoir.
Cest bondé !
Je tombe sur Sylvain Monier, un type que je cherchais à joindre depuis
plus dun an. Nous nous étions rencontrés à une
soirée organisée par YM. Je me souviens quil en tenait
une excellente. Nous avions bien rigolé, jétais parti
au moment où il parlait du pape.
Cest génial de le revoir, comme ça, par hasard.
Déjà le midi, je déambulais de quick en Mac Do, cherchant
le moins plein, pour pouvoir déjeuner, lorsque FV me fait signe de
lintérieur dun bar, près de gare de lEst.
Excellent hasard, je tombe sur FV et THTH, le duo buzziste dalibi-art.
Le tamponneur médiatique avec lartiste sans uvre. Je rejoins
les deux acolytes. Je suis ravi de les voir, surtout FV que je navais
pas vu depuis des mois. THTH dit mavoir reconnu, par la photo de mon
site. Il a un charmant côté à la " Kevin Spacey "
dans " Usual Suspect ", il parle vite et très sourdement.
Un peu comme un savant fou, un chercheur excentrique, un mathématicien
génial.
Fringant virevoltant, FV maccueille à mon entrée dans
la librairie. Les types de Cancer, après avoir joué le Buzz
à fond, ont trouvé un guide, un chef décole en
la personne de Nabe.
Les crapouillots se sont transformés en Nabots ; je rencontre deux
trois clones de lécrivain éminemment sympathique dun
journal sans fin. Je pensais dailleurs que cétait ses frères.
FV me confirmera que non.
Jai dû mal à saisir ces types qui prennent comme tête
à claque, YM, dans leur revue (n°4), et qui en même temps
le place parmi les soutiens officieux sur le site. À buzzer trop, on
bug.
Tous méprisent FB et YM, mais tous ne rêvent que de les rencontrer.
Je naime pas ces manières, aucune classe.
Nous quittons, avec FV, la bande de lunderground parisien (!) pour nous
rendre à un concert à lOpus dun groupe dont les
paroles ont été composées par CZ.
FV connaît litinéraire, " cest simple, cest
à République ". Je salue mon pote SM, mon pote de Csat.
Nous voilà partis.
À République, FV est moins sûr du chemin, il se renseigne
après quelques allers-retours infructueux. On lui indique Bastille,
move to Bastille. On tourne en rond, on fait tout le coin du Sanz Sanz, la
rue de la Roquette, la petite rue pavé de bars " branchés
". Pas dOpus.
Il pense miraculeusement à appeler CZ. On remonte le boulevard Richard
Lenoir, des bornes plein les pattes. Mais lOpus nest pas encore
atteint. Il se trouve quai de Valmy, FV veut marcher, na pas envie de
frauder le métro, apparemment. On marche, on discute, cest agréable.
On atteint enfin notre but, après deux ou trois nouvelles fausses pistes.
Opus, concert niais dun chanteur sans voix, sans rien, mais avec des
discours pénibles. Annoncer que lon chante pour sa maman morte
est inutile, les paroles de la chanson servent à quoi ? Ducon. Les
ritournelles se suivent, les amis piaillent, les autres attendent le disco.
CZ ne ma pas mis à laise, jai envie de me casser.
Le groupe pue.
En retrait, derrière FV, je ne suis pas présenté à
une girl par CZ. Elle présente FV, mais moi non. Cest impoli
et pas très habile, vu que je suis assez sensible (susceptible).
Je quitte lendroit, au moment des passages funky, the blackploitation
jusquau bout de la connerie, vieux tubes blacks et films de Mohamed
Ali " when we were kings " sur écran géant. Toujours
mieux que le funk sans pêche du groupe à guimauve émétique.
Bye, Bye, je rentre à ma maison.
Une heure dattente, la fille ne retrouve pas mes affaires, n°61
rangé au n°161. Dernier arrêt devant le Gibus, bouffer un
Grec et boire un coca, une Italienne tombe devant moi. Je lesquive et
rentre me coucher.