Nuits parisiennes,


Toujours identiques, si pathétiques, si tristes, si humaines, je les aime. Je quitte rue Sibour vers 22h30, en général, j'ai écrit un peu pour moi, à Paris, je n'ai pas d'ordi.
Descente de la rue Magenta, bifurcations, vers le McDo. Un menu Maxi best of Mac Chicken, avec coca, frites, sur place, avec deux hamburgers et deux sauces barbecue. 7 euros. Un ticket restaurant.
Je m'assieds en haut, face à la rue, je mate les gens dans la rue. Des petits vieux squattent le resto, une vieille "folle" passe son temps à ruminer que les tables sont sales et les nettoie avec du pq. Un vieux rougeaud dort dans un coin, deux vieilles ivrognes cuvent près des chiottes. J'ai discuté une fois avec eux ; mais vraiment, ils sont complètement déconnectés. C'est triste, c'est beau aussi. Des petits vieux vivants. Il faut rester vivant dit le type.


Quelques pas, dehors, lentement, devant les terrasses, je passe.
Tous les soirs, des gens sortent du spectacle de Mimie Mathy, ils sont laids. Plus loin, un resto tibétain, je serais ravi d'y inviter FR.
Puis, chez moi, je déplie le lit, installe mes draps, ma couette, mes oreillers, retire mes chaussettes. Je dors. À côté le bébé pleure, la mère hurle, le mari lui tape dessus. Bonne nuit les enfants. Bonne nuit, Nounours.


Le matin, je me lève, comme d'habitude, je bouscule personne, vu que je suis seul. Je prends une douche sans toucher à la lampe, jamais. Je m'habille et pars. J'aime arriver au boulot tôt, quand c'est calme, quand personne ne se gueule dessus. C'est mieux. Le bonheur est fait de petits morceaux de disputes. C'est possible. C'est vrai. J'aime bien piquer des idées à Antigone.
J'en ai pas à moi.


Je reprends ce texte envoyé à une amie très chère, une amie d'un jour, d'un regard et de plus d'un an de correspondances. Je ne pense pas, je ne crois plus, je ne pense vouloir, souhaiter, rêver, concevoir, une rencontre. Je n'ai ni peur, ni de craintes particulières, aucune appréhension à décevoir, à être déçu, mais c'est juste que j'ai pris une habitude, accepter une situation. Je crains le 4 mai prochain, une nuit d'une rencontre possible.
D'un autre et même côté, j'impatiente de cette soirée, de ce sourire, de ce premier mot. Quel premier mot ?