" Nous sommes des scories du passé, quelques épaves laissées, quelques grains de terre coulant dans ce caniveau, mais on a toujours, mais toujours la tête dans les étoiles. "
D’un mail à Marjorie…

J’ai un peu picoré dans du Wilde… le début est de moi, la fin à Oscar, lady.

Yann a eu l’ingénieuse idée de me transférer les mails d’une jeune fille qu’il avait rencontrée à Lyon, à la FNAC, à une dédicace.
J’étais sceptique face à ses mails qui partaient en des vrilles illogico-hystériques, mais que je sentais pourtant proches de mes propres digressions.

Du Rapport à Moix, la féline, la folle, la frappadingue, la fabuleuse est passée à un rapport à moi (à elle, à soi).
De la folle exubérante, elle est devenue une douce jeune femme. Avec ses gâteaux aux pommes et ses cheveux mouillés. Chiot, lionne, panthère, biquette.

Progressivement, suivant une stratégie efficace, mais non préméditée, elle a cessé de m’envoyer des mails sur des thèmes aussi passionnants que les " quakers " ou " le capitalisme " et d’autres sujets de cet acabit, pour me parler d’elle. Très rapidement, nous sommes arrivés à plus de cent mails par jours, du tac o tac brillant, drôle, frappé, bandant.

Marjorie, s’appelle-t-elle.
Marjolaine, que penser ? Marjorie me suit, m’encourage dans ma rencontre de Marjolaine. Je pense à elles, j’échange avec elles. ET je ne sais pas du tout à quoi elles ressemblent. Elles, non plus.
Je ressens une énorme douceur dans les mots, pourtant si partagés par tous, dans les rares messages de Marjolaine.
Et une fusionnelle complicité dans l’extravagance de la nuée de mails de Marjorie. Quel genre d’orage cela peut-il annoncer ?