Là,
je marche encore sur ce long trottoir, jappelle Martin pour lui
déverser mon enthousiasme, de toutes mes vagues, lécume
dun instant. Je
croise Cédric, un ancien élève, grande gueule et
gueule noire, bien gentil. Est à la recherche dun emploi.
Jentame lascension de la côte Jehan de Brie, une voiture
me coupe la route. Cyril. Son corps est en mutation, quelque chose semble
sortir de lui. Alien ? Cest déjà la guerre bactériologique
? Non, cest Vanessa. Ness. On
se gare sur le parking du lycée. Bienvenue dans le passé.
Sophie loge dans lappartement où Cyril et ses amis avaient
mis un bordel mémorable. Il avait fini à poil devant son
dirlo. Cétait rigolo. Je me souviens des murs plein de
yaourt, les couloirs, de terre. Ce soir, cest clean, Sophie est
souriante, Mathieu, que je découvre, est sympathique, il fait
la bouffe. Sophie semble, enfin, avoir trouvé un mec bien, entre
les profiteurs et les feignasses, voici la perle attendue. Comme quoi,
en jouant, on finit parfois par gagner. On
ressasse nos passés communs, nos amis, connaissances, des souriants,
des tristes, des énervants, des apaisants. Mathieu, pendant ce
temps du passé dhier, prépare le repas mexicain.
À base de beurre de cacahouète, nest-ce pas Cyril. On
chipse à mort, et Sophie nous annonce un mariage. Juillet 2004.
Pourquoi pas. Cest beau le mariage. Et cest une beauté
accessible, pourquoi sen priver. Cécile
a une bauge, Willy est précis, Cyril expérimente, Mathieu
maîtrise, Sophie sen sort. Où est Ness, emberlificotée
dans le blouson enclume de Cyril. Le passé est décidément mon temps préféré.
|