Depuis plusieurs jours, je pense à
écrire sur deux ex-"Mister Colère" que j'aimais beaucoup
: Joey Starr et Jean-Marie Le Pen.
Les deux étaient odieux, caractériels, haineux. De purs plaisirs
! Mais les temps changent.
Joey veut faire oublier le savatage d'hôtesses irrespectueuses et procédurières.
Jean-Marie veut faire oublier le savatage de pétasse socialiste à
trop forte gueule.
Les deux dynamitaient la société du spectacle, leurs tartes
n'étaient pas à la crème.
Les temps ont vraiment changé
Jean-Marie reçoit Taddeï (sur
Paris Dernière) dans sa demeure de St Cloud, puis rappe chez Belkacem
(sur Matchtv). Il est plus mince, plus souriant, plus modéré.
Mais il est vrai que ses discours ont été repris par Jospin,
Chirac, Bayrou, Chevènement et même Hue. Linsécurité,
ça existe. Tout le monde en parle.
Julien Courbet demande à Stéphane Rotenberg si sa mère
sortirait à 22h dans le 18e (Barbès). On croit rêver !
Le Pen ne sert plus à rien, Maastricht est là, linsécurité
est en prime time, chantée en chur : maisons de redressement,
cours de morale, suppression des allocations familiales, couvre-feux. Ça
ne rigole plus !
De son côté, le rebelle de St
Ouen passe chez le sirupeux Marc-Olivier Fogiel. Il est plus calme, plus paisible,
plus souriant. Il enchaîne chez le sulfureux allégé Ardisson
; il est lun des rares à avoir fait les deux shows. Il articule,
il sexplique, il sexcuse. Celui qui voulait flinguer tous les
flics de France est devenu un gentil garçon, on limagine assez
bien chroniqueur chez Ruquier.
Le rap est devenu le premier marché du disque, les rappeurs, des chroniqueurs
résidents des émissions de talk-show. Ils ont pratiquement une
Victoire de la musique par genre hip-hop : bien loin sont les années
" Assassins " et " NTM . Aujourd'hui, les types vendent des
t-shirts, des pulls et des disques à gogo. Les rappeurs écrasent
les dernières icônes rock : Mick Jagger et les play-boys de starlettes
de Mötley Crüe.
Il ny a plus de méchants, dénervés,
d'enragés, de querelleurs, de révoltés, dinsurgés,
doutrageurs, de railleurs, dorgueilleux, dinjustes, dincompréhensible
mauvaise foi
Boutin est relilftée, Voynet est devenue une perruche
immonde, Alonso est une coquette mise en plis, Ardisson devient dune
mollesse consensuelle désarmante, Baffie fait la promo de sa pièce
Canal
Plus, je nose même pas en parler.
Les bobos, les pubards, les journaleux hypés
votent Laguiller. Moi-même, par moments, je pense voter Bayrou.
Il ne reste quune subversion possible, la dérision. La farce,
le canular surréaliste, warholien. Soyons naïfs !
Mais au fond de moi, il y a toujours une part de révolution qui sommeille.
La bête nest pas totalement morte.