Je
suis chez moi, le ventre qui presse sur ma bite, cette bite si présente.
Toute puissante. Omni,vore, potente, sciente
Je me sauve. Prends
mon VTT. Je passe devant le terrain de tennis pour voir. Personne. Je
bande sur selle. Je pédale, ne les perds pas, javance.
Droit, sur ma selle. Pézarches, létang interdit
aux Touquinois, petit, par les " gars de Pézarches ",
jaccélère, route de bitume abîmée,
bifurcation dans la forêt de Malvoisine, longue ligne blanche,
de calcaire concassé par les bulldozers qui nettoient la saignée
de la tempête de jadis. Cétait Jadis. Je nétais
pas là, à Florence. Mare deau saumâtre où
jadis, jattrapais des grenouilles avec Mino, le petit-fils de
Renée. Pins, sapins, morilles, arbres feuillus, cèpes,
omelettes. Je suis la ligne droite, vers où, Faremoutiers, ou.
Cinq, six, sept kilomètres à fond, dans les ornières
géantes laissées par les engins. Des gens se baladent,
on se salue, fils de la forêt. Je débarque enfin. Où.
Aux Bordes, bord de Faremoutiers. Route bitumée impeccable, ça
roule. Je reprends la forêt, chemins marécageux, traces
de sabots, chevaux, haras dHautefeuilles, ça secoue, les
avant-bras, léquilibre, ne pas tomber dans la boue. Je
retrouve la grande ligne blanche, je la fuis. Je pédale, à
fond, à fond, à fond
loin dans la forêt, des
ouvriers forestiers élaguent, je slalome. Je finis là
où je voulais aller au départ : Hautefeuilles, et son
haras. Ses belles maisons, son domaine Emmanuel, ses chats, ses calvinistes,
le souvenir des gros seins de Marion, des yeux bleus de Sandrine. Je
reviens chez moi. Aéré. Ma bite est toujours là.
Dans la boîte aux lettres, deux lettres, Frédéric
et Valérie. Cest bientôt le salon du livre, je dois
penser à écrire les bios des auteurs. Il faut que je me
libère de Priape, Min
Me vider.
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