Mercredi 18 juillet :
En 1932, Aragon publie " Front Rouge"
Il attaque, pour des raisons idéologiques, Léon Blum et Paul-Boncour
(SFIO).
"Descendez les flics
Camarades
Descendez les flics…
Feu sur Léon Blum
Feu sur les ours savants de la social-démocratie."
Aragon "Nique Ta Mère" ne mâche
pas ses mots. Mais devant les risques de poursuite, il appelle à une
pétition, pour sauver la Poésie face à la répression
politique.
Giraudoux, Gide, Martin du Gard, Valéry
se rencontrent et en discutent.
Puis, sachant que Bérard, le ministre, ne fera rien, ils ne signent pas.
Seuls les surréalistes signeront.
Mais Edmond Jaloux écrit tout de même un texte :
"Les écrivains soussignés
apprennent avec réelle surprise que des poursuites seraient engagées
contre Louis Aragon à l'occasion d'un poème de celui-ci. Ils déplorent
cette immixtion de la justice dans un domaine où elle se fourvoie et
estiment indispensable de maintenir intacts les droits à la pensée
et la libre expression de celle-ci. Chaque fois que la justice a pris des initiatives
de cette sorte, elle a toujours eu à le regretter par la suite, comme
ce fut le cas pour les exemples mémorables de Madame Bovary et des Fleurs
du Mal. Ils tiennent à exprimer ici les sentiments de solidarité
littéraire qui les unissent à l'écrivain de valeur qu'ils
reconnaissent en Louis Aragon."
C'est triste de constater qu'Aragon a une si
courte mémoire. Ce texte, il l'oubliera en 44 en établissant une
liste de proscrits et en laissant assassiner Brasillach.
Pourtant, Valéry, Mauriac, Claudel, Cocteau, Camus, Anouilh, Dorgelès,
Colette, Aymé, pour citer ceux qui sont connus de tous signent une pétition.
De Gaulle se déshonore.
Aragon et ses amis surréalistes (Breton,
Soupault, Crevel, Péret, Eluard) étaient habitués à
ce genre de subversion, des vrais ÉNERVÉS. Saccages de rédaction,
faux procès, faux actes de décès, brigandage des magasins
de luxe…
Image-t-on Beigbeder, Moix, Jaenada, Rey et
Dustan saccager le plateau de "C'est mon choix" par amour de l'intelligence
et de la Révolte ?
Imagine-t-on Beigbeder, Moix, Jaenada, Rey,
Dustan et Bourdieu démonter le "loft" et mettre fin à
l'avilissement d'êtres humains même volontaires ?
J'ai vu dans "C'est mon choix" un
Punk se faire "relooker" pour l'émission. Le Punk applaudissait
à toutes les demandes. Honte à toi, qui a osé t'appeler
Sid ! Tu n'es qu'un chien !
Le dernier acte de position d'un intellectuel fut le film de vacances de BHL
dans les Balkans, qu'il nous vend comme un acte d'un courage héroïque.
Vieux beau, farce à la crème.
Je ne suis pas mieux, mon seul engagement fut
de participer très très calmement en compagnie de Beigbeder et
de 15 pélos d'ATTAC, du RAP et de JUBILÉ 2000 à une journée
sans achats.