Mardi 18 septembre :

J'ai maté "Oscar Wilde", excellent, Stephen Fry, très bon ; FB aurait pu également incarner le poète.
Je ne sais si le plaidoyer de Wilde est de Wilde ou du scénariste mais le passage sur "l'amour qui n'ose se nommer" est brillant.
Je ne pense pas que l'amour chez Michel-Ange, chez Wilde, chez Brasillach ou chez Pasolini soit sexuel, sexué.
Les sonnets de Buonarroti pour Cavalieri sont des poésies dédiées à la jeunesse, à la beauté adolescente (les éphèbes des Anciens, "the Greeks"), d'ailleurs les madrigaux écrits pour Vittoria Colonna sont du même acabit ; chez Wilde, on retrouve cette passion pour la jeunesse, pour le temps suspendu, pour le printemps comme unique saison ; chez Brasillach, la nostalgie de l'enfance, les joies de l'innocence, les jeux heureux sont les thèmes du poète du temps qui passe ; Pasolini est plus un "hébéphile" qu'un pédophile, il aime la jeunesse.

Soirée étrange, magique, avant de regarder "Oscar Wilde", j'avais visionné le début de "Sâlo ou les 120 journées de Sodome" de Pasolini. Je regardai la fin après le film sur l'auteur de l'un des plus beaux aphorismes que je connaisse, "Détruis ce que tu aimes ou ce que tu aimes te détruira". Si juste !!

Le film de Pasolini est un film "horrible", les deux passages de scatophagie m'ont presque fait vomir (littéralement), mais il s'y dégage une telle intelligence. L'un des films les plus "méta-poètique" qu'il m'ait été donné de voir.
J'avais ce film depuis plus d'un an, enregistré sur Paris Dernière lors d'une thématique sur les "films à scandales", mais je ne l'avais jamais vu.
Je suis en train d'écrire une histoire, le personnage se rappelle la mort de Pasolini, assassiné en 1975. Cette mort est la base d'une longue digression morbide.
Au moment où je découvre ce film, je ressens une totale adéquation avec l'Ambiance.

"Le sang avait construit l'Humanité. L'Histoire n'était qu'un long et tranquille flot de sang" dixit la pensée de mon "héros"

"Le principe de toute grandeur sur la terre a été totalement et longuement arrosé de sang.
...Il n'y a pas de pardon, sans effusion de sang" dixit un personnage du film.

J'adore ce genre de symbiose, ces signes du temps.

Cet après-midi, j'ai quitté le lycée, officiellement, durant 1 heure, pour rencontrer ma nouvelle conseillère. J'ai un trou de 5000 F. Que faire ? J'en ai aucune idée. Je verrai bien.
J'ai été impeccable, je l'ai fait beaucoup rire la jeune banquière. Le coup du DEA de gestion à sa question sur le domaine de mon DEA l'a achevé.

17 h, je rencontre Kévin, une boule de poils bien sympathique, en compagnie de Caroline. C'est con, je n'arrive pas être moi-même en sa présence, lourd, pédant, grossier, naze, d'ailleurs mon bras maigre finit dans sa face angélique. Quel con !
Comble de l'ironie, je lui file l'adresse du site.
Il y a peu de chance qu'elle tombe sur les passages "Caroliniens" des chroniques, moi-même je ne sais plus où ils sont.
C'est par elle que j'ai écrit mes premiers et derniers poèmes (libres) ; mais bon DC les a beaucoup aimés.