" D. de Serendipe,
m’a écrit,
je vole,
je m'éclate,
au sol,
m'en fous,
je suis immortel… "
envoyé à Juliette, avec un " ÿ ".

Je reste sans visible réaction, la seule, interrompre ce que je faisais. Invisible, dedans, à l’intérieur, quelque part, un tsunami qui engloutit tous mes neurones fantaisistes. Dans le ventre, c’est tango, salsa, pogo, merengue. Ça fox trotte dans les intestins. Le cœur semble être cryogénisé. Sensation d’arrêt sur sentiment. Je réponds des mots, ma tête n’est plus là. Bien loin, tout là-haut, sur le Mont Cynthos. Sur l’île de Délos. Pas très loin de Cythère.

Je déambule jusqu’au train, j’ai envie de parler, de résonner dans une oreille. C’est dans celle de " ÿ " que j’exulte ma joie, mesurée. Je ne peux m’empêcher de me raisonner, de me souvenir des gifles reçues, encore récemment. Gifle de Junon.
J’essaie de parler beaucoup, de vider de l’air, de relancer mon cœur, qui semble toujours être en contemplation. J’ai besoin de toi, reviens un instant. Double appel. Fred à propos de bordel, ok, je passe te voir demain.

Le train est arrêté à Tournan, il attend celui de Coulommiers, qui est arrêté à Marles-en-Brie. Quelques minutes pour s’en rendre compte, je n’ai pas envie de ronchonner. Je pense au pauvre chauffeur de bus qui nous attend depuis un quart d’heure.
J’essaie de me plonger dans un livre, pour ne pas penser à ce que je ne pourrai pas faire chez moi, en raison de l’absence de mon mac. Pour ne pas penser à la baronne de Serendipe.

Je passe prendre des nouvelles de ma grand-mère, malade depuis quelques jours. Elle va " mieux ", et m’a préparé une paella. Je m’assieds, dîne, lis le journal. Tout ça a une lenteur incroyable.

Quelques minutes après, allongé sur mon canapé, un Titan marque un but, je rejoins Morphée. Je ne bouge pas, je dors, je crois. Milieu de la nuit, la lune éclaire l’interstice de mes volets. Je me réveille devant elle.
Pour me rendormir, peu après, sur mon lit. Au bord d’elle.