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Les filles, la nuit, elles ont mauvaise mine.
Voilà un bien triste constat ; moi qui me voyais devenir un roi
des sorties parisiennes à des fins coquines et salaces. C'est
loupé mon coco.
Bien loin l'idée arrêtée que les filles, la nuit,
soient moches, défraîchies et livides, mais je dois constater
à la démonstration de cette présente soirée
que la plupart des filles ignorent l'existence de la crème Oligo25
qui lutte contre le teint terne ! Merde, il y a un super site sur ce
produit à la noix, juste une, sur le visage et tu es la plus
belle pour finir cristallisé par mon esprit tortueux mais rigoureux.
Mais dans quelle soirée t'es-tu retrouvé cher ami Stéphane
? Me crient, hystériques et interrogateurs, mes deux lecteurs
quotidiens.
Je ne sais pas trop, tout est parti d'un enchaînement de coïncidences.
Je crois en avoir déjà parlé dans ce journal, mais
j'ai la facheuse manie d'oublier ce que j'écris. Donc je récapitule
l'historique merveilleux de ma découverte de Carl de Canada.
Tout a commencé lors de la soirée méprise de Jalon(s),
je sais plus s'il y a un "s", avec YM et les autres (Basile,
le fils Chevènement, Jean-Gilles, une connaissance oubliée
mais retrouvée de mes années "lycée").
Donc, j'apprends que cette soirée est organisée par Carl
de Canada.
Deuxième épisode, je feuillette les pages de Tech et tombe
sur la tronche écrasée du type nommé précédemment,
CdC.
Je reçois un forward d'un stagiaire du taf, une soirée
avec CdC, un truc où il faut envoyer un mail de motivation. Pas
de problème, je suis une bête en lettres de motivation.
Je lis en parallèle de cette affaire, l'article de Pascal, dans
Tech, sur un site d'une DA super. Je visite le site, bien. J'envoie
un mail à la jeune femme, pour un login. Elle me répond
et je peux pénétrer dans la partie "journal".
Génial.
Je regarde, découvre, mire (vu que c'est des photos et des animations),
lis aussi, quand même c'est un journal aussi. Et je tombe sur
la face de CdC. Donc, je me décide à m'inscrire sur sa
liste pour des soirées super, hyper, des bonnes soirées
avec des DJs (je les hais !).
Et voilà comment j'ai débarqué avec une photocopie
d'un mail de CdC à la soirée de la rue du Bac, chouette,
moi qui voulais faire IEPP.
Dans la queue, derrière moi, un type, l'air con et sûr
de lui, parle de ses études à sciences po.
Il est accompagné d'une asiatique ; j'ai l'impression que les
beautés d'Asie montent en puissance. J'en vois partout, avec
des beaux mecs, connus ou inconnus.
J'arrive au rencard en avance, j'ai trop la dalle. Il me faut trouver
un truc où grailler. Je tourne, dans tous les sens, et débarque
au Nemrod.
Dans mes méandres affamées, j'avais croisé une
bande de tafioles, huit, deux chevelus, dont un mystique et six rasés-traillis.
Je les retrouve en terrasse, ils se marrent, comme de bons potes. Je
m'assieds derrière, tranquille.
Un croque-monsieur, des frites et une Leffe. J'ai le temps, rien à
faire de spécial dans cette soirée hormis observer, regarder,
écouter, imaginer.
Un petit minois acéré, fier, filaire s'impose à
moi, avec aussi un petit boule tout quintessent. Elle s'assied juste
derrière, mais à l'intérieur, elle lit Libération.
Les types quittent précipitamment le café, ils ont ouvert
la porte de la soirée de CdC et ses amis.
Je paie aussi mon dû. Je retourne sur mes pas, y a pas mal de
monde qui se dirigent vers là où je me dirige. Mais pas
de loules appétissantes.
Je prends la queue, très longue. J'ai une bonne dose de patience.
Ça roule. Je pénètre, encore la queue, toujours
la queue. Des minables, des extravagants aux cerveaux cramés,
doublent celle-ci, sûrement des tuffers de toujours, les routards
du néantissime parisien. Des types qui changent le monde. Si,
quand je les vois, j'ai bien envie de changer de monde, mais en général,
je souris, sans plus.
Énorme espace, je crois que c'est une galerie commerciale qui
sert de lieu de festivité. Putain, pas une fille qui me plaît
!
Que des crevures apathiques et neurasthéniques. Je décide
de m'asseoir sur une banquette et d'observer les arrivées. C'est
bien, si un ami passe, une jolie fille, tu ne les manques pas.
J'aperçois le cuir usé de THTH et la jovialité
du visage de sa douce.
Je me lève et lui fais une grimace. Il vient me voir et m'annonce
que les types de la rue Béranger ont fait un papier sur ses casseurs
de hype ; mais putain, c'est quoi la hype ?, et casser de la hype, ça
veut dire quoi ? THTH, c'est hyper hype, non ?
Je laisse tomber, le type est sympa, le reste, m'en fous.
Il y a trois grands lieux de danse et de musique, comme dans la grosse
boîte de banlieue, j'ai oublié le nom de cette immondice.
Bref, je tombe sur Pascal, le type de Tech qui a écrit un papier
sur la charmante Sandrine ; si, c'est mieux que Sandy, qui fait penser
à la grosse dans le sketch de Dubosc.
Il est avec Laurence, un type sympa qui aime, adore, vénère,
bande pour Nabe ; j'espère qu'il n'est pas "nabot"
comme les types de Cancer. Quand je dis "bande", c'est intellectuellement,
il est hétéro, tendance romantique et idéaliste.
Il y a aussi deux chieuses avec eux, une fille sans nibards mais avec
cernes, et une brune mignonne, mais qui a l'air du genre , "je
te fais tourner en bourrique et je nique avec un autre".
Sans oublier, un gentil petit black muet et très sage.
Dans la longue queue du début, la jolie blonde du Nemrod nous
avait rejoint ; nous les 800 personnes, plus les autres. Je la retrouve
souvent dans ma ligne de mire, c'est la seule qui me flashe, captation
totale de mes yeux, de mon esprit, l'intégral.
Par contre, pas un regard vers moi. J'ai une tronche pourtant, et je
suis un type vachement branché, je connais plein de gens connus
et j'écris des trucs et je bosse dans une agence de pub, et je
suis drôle, et je joue bien au tennis, et je fais du VTT, et j'adore
marcher dans la rue, et je connais plein de choses, et je suis écrivain,
et je suis un bon ami, et je suis assez idéal en fait, tout en
restant extrêmement discret. Quelle conne de ne pas m'avoir capté
! Pourtant, j'ai lambiné toute la nuit dans son secteur. Quel
gâchis ! Si elle savait.
"Eh, tu te souviens de moi ?" Bien sûr, "Frédéric
Sale", j'ai un doute sur l'orthographe du nom.
Un super beau gosse, frère d'Henri, le petit ami d'Ingrid. Évidemment,
je me souviens de toi.
Il est parti, depuis 5 ou 6 ans, à Bordeaux, et il est moniteur
de planche. Un type super agréable.
Il est avec des amies, mais n'ose me présenter, vu qu'il a oublié
mon prénom. "Stéphane".
Donc voilà, je rencontre deux filles, "hmm" et "Axelle"
??
La fille, sa petite amie, me dira plus tard qu'elle se souvenait de
moi lors d'un concert à "Champlion" (?, près
de chez moi), il y a au moins six ans.
C'est cool. Fred me dira à propos du fait que sa copine se rappelle
de moi que j'ai une "tronche". En général, je
marque les esprits.
C'est trop fort de retomber sur un gars du lycée, d'autant plus
qu'il habite Bordeaux, comme Ingrid et Henry, qu'il est à Paris
depuis quelques heures, et que la soirée est sous invitation.
Paris est une ville minuscule.
Et en plus, j'apprends que je connais son petit frère, Simon,
un pote de l'ex de Judi. Sans oublier, qu'il est le beauf de l'amour
de ma vie. Trop incroyable.
Il me file son phone, m'invite à Bordeaux pour un tour de bateau.
Revoir Ingrid, invité par son beau-frère, trop bon.
CdC, je l'ai vu, mais je ne lui ai pas parlé. Il a le style "Downtown
81", à la "Jean-Michel". Une veste à la
Basquiat. Putain, je me croirais dans le film de Schnabel.
Basquiat, le 7e, je pense à FR, qui habite le quartier. Pourquoi
ne m'écrit-elle plus ?
Je marche pour rentrer, désormais, je connais bien Paris la nuit.
Et si je croisais Sandrine ; je ne sais pas à quoi elle ressemble.
Je l'appelle dans la semaine, surtout que Pascal m'a expliqué
pour l'article. Y a pas que lui sur le papier, je crois qu'elle sait
de qui je veux parler. À bientôt, je te dirai tout.
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