Mercredi 19 septembre :
Drôle de journée, speedée,
inquiétante, glauque et dérisoire par moments. J'ai rien fait
de ce que je voulais faire vraiment.
Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai mangé une paella chez mes grands-parents,
j'ai maté le début du "Retour du Jedi" en laser, après
avoir vu "L'empire contre-attaque" sur C+, j'ai rédigé
de nouveau ma lettre de motivation que j'avais foiré hier, j'ai écrit
un long passage d'Héloïse, j'ai eu mon père au téléphone,
j'ai eu un coup de stress suite à la réception des mails de VTC,
mais je n'ai pas l'impression d'avoir vécu cette journée.
J'ai conscience des faits, de ce que j'ai fait, mais il y a une énorme
sensation de non-être, de temps arrêté.
D'ailleurs c'est si vrai que je ne sais pas du tout quoi écrire ce soir
; j'ai aucune idée, rien qui ne me traverse l'esprit. Il est 19h06, la
journée n'est pas terminée.
Mais je doute que l'éclair se produise.
Je suis focalisé sur le lendemain, sur ce que je DOIS faire demain. J'ai
toujours une énorme appréhension lorsque je dois téléphoner,
mais bon, une fois lancé, je ne me défends pas trop mal. Mais
je ne suis pas du genre à décrocher le combiné très
facilement.
Je dois au préalable me mettre en situation. Même si je sais que
je foire toujours, que je ne respecte pas ce que j'ai répété,
que je pars dans des vrilles oratoires ; c'est peut-être ça le
trac ?
Cela ne serait pas étonnant, je vis mes relations avec les autres tel
un cabotin qui se mettrait continuellement en scène.