Lundi 20 août :

Les Maîtres de l'Univers
Vont défendre la Terre
Contre ses ennemis
Tous les mauvais génies
Les Maîtres de l'Univers
Vont défier l'enfer
Pour faire du monde entier
Un monde d'amitié

Tout le monde se souvient de ce prince tendre et de son tigre pusillanime qui d'un geste d'une épée et par la magie d'une formule, "par le crâne ancestral", se transformaient en héros invincibles.
Musclor, "He-Man, se battait pour un monde d'amitié, nous dit la chanson, chanson écrite Jean-François Porry.
Jean-François Porry, toujours le même nom sur le générique des séries du Club Dorothée, les sitcoms AB.
A comme Azoulay, B comme Benda.
"Hélène et les garçons", Porry, "Les filles d'à côté", Horry, "Le miel et les abeilles", toujours Porry.
Qui est ce monstre de l'écriture de navets acidulés, sucrés et si captivants ?
Inspirine, dans un mail, évoque le retour dans des pubs de la belle aux cheveux bouclés, Manuela Lopez, vu dans "Le miracle de l'amour", le post-Cricri.
Porry est partout, il fait tout, les chansons de Dorothée à partir de 1978, "Ouh la menteuse" à "La valise vide", les génériques des dessins animés, "Les Chevaliers du Zodiaque" à "Nikki Larson", Porry ne craint personne.
Chaque soir, sans que les programmes TV ou ma zapette l'indiquent, des séries de Porry passent en boucle sur AB1. Vers 1h du mat.
Hier, je suivais les aventures amoureuses, les déboires de Bob Lornac (Richard Lornac).
Avec Porry, 2 fois sur 3, le comédien porte le même prénom que son vrai état civil. C'est sûrement plus simple pour l'habitué à la figuration, pour le machiniste pris de court pour s'imprégner de son personnage.
Hier, la douce Dominique du juste prix nous gratifiait d'une scène de séduction avec l'un des trois "garçons de la plage" qui se terminait par un gros plan en continu sur les yeux bleus de la potiche des magasins "BUT".
Les trois "Géos" faisaient un concours de baisage de femmes, aux kilos, une ardoise aux murs du local, toujours le local, ici une salle de rangement de matériels sportifs, rend compte des scores des trois types, Mo est en tête avec 352 kgs de femmes baisées.
Tom dépasse à peine les 109 kgs ! Et Pat est à la traîne, il est amoureux, ses phrases sont accompagnées de "oooh" compatissants enregistrés, par contre, les gaffes sentimentales de Bob se concluent par des beaux rires toujours identiques.

Tel est le monde de Jean-François Porry, un local, une cafétéria, un bureau ou un logement.
Monde pastel peuplé de gentille cuisinière gironde, Iphigénie, de rockeur tendre, Johnny, de nain obsédé dont j'ai oublié le nom, d'amoureux transits, de gentils garçons, Nicolas, Sébastien, de dragueurs, José, Mo, Pat, du voisin d'à côté, de filles sages, Hélène, Bénédicte, d'emmerdeuses, Nathalie, Lola, Lalie.
Toujours une grosse, hier, une bonne femme emmerdante du club de poterie ; Madame "Millefeuille", un truc du genre dans "Les filles d'à côté", série qui cumule un personnage homo, Gérard de la salle de sport.
Salle de sport que l'on retrouve souvent, avec un minimum d'action et d'agissants, deux ou trois pelos pédalant ou assis près d'un haltère abandonné.

Tout s'arrange dans la série, Cri-cri prend du crack que Nicolas intervient pour le sermonner façon Jonathan Smith des "Routes du Paradis", le même Cri-cri, sûrement le plus rebelle des 2500 épisodes du monde de Porry, fertilise la belle Linda puis se sauve, hop Hélène la réconforte. Un monde merveilleux.

Porry est un poète, un tendre, mais qui est-il vraiment ?
Jean-François Porry est le pseudo d'un ancien secrétaire de Carlos, d'un promoteur de disco, "The French disco" de Cerrone, c'est lui aussi, c'est Jean-Luc Azoulay.
Azoulay est Porry, et Porry est 100 % de la création d'AB.
Porry, c'est tous les génériques des dessins animés du club Dorothée, tous les albums de celle-ci, et tous les sitcoms de 1990 à…

Porry n'est pas Spelling, n'est pas Shapiro, "Hélène et les garçons" ne ressemble à rien, ni à "Friends" (des amis qui ont + 25 ans), ni à "Seinfeld" (ce serait difficile), ni à "Sauvé par le gong", (des lycéens).
Porry a inventé les séries intermédiaires, entre les amours du lycée, les bizutages au cirage et les premiers pas dans la vie du travail, du couple, de l'adulte.
Nicolas, José, Sébastien, Hélène, Bénédicte, Lalie sont des ovnis. Il y avait bien au même moment "Beverly Hills", mais c'était une série et non une sitcom.