Carnet de bord du mardi 20 août :

Sanguin et loufoque, jeune femme et Sénégalais blanc, Cannibale et Mercerie.

Je rejoins, à l’heure, pour une fois, Régis au " Cannibale " pour dîner en compagnie d’une de ses amies et d’un collègue-ami qu’il me promet être impressionnant et plein de talent.
Je débarque même avec de l’avance en compagnie d’une amie, toute mignonne et très proche de moi, il faut bien l’avouer.
Sauvignon, sourire de la serveuse, Néta, amie de la douce qui m’accompagne. À ma dernière visite, cette même douceur était plus agressive envers Régis et sa bande de DA-punk. Ce soir, c’est beaucoup plus léger.
Régis se pointe. La belle s’en va. Valse. Substitution. Je reste à ma place. La bière remplace à son tour le sauvignon.
J’avais passé l’après-midi à mater quelques-uns de ses courts sur le web. " Trop intello " lançait un collègue retournant aussi tôt à son Mac.
Nous sommes deux, à attendre. La patronne, une jolie blonde brésilienne, à vergetures selon des sources informées, mais peu importe, cette pauvre femme, donc la patronne demande autoritairement le silence dans la salle. J’ai tout de suite pensé qu’on allait se faire jeter, " tout le monde dehors, bande de cons ! ".
Mais non, elle tenait un grand plateau avec des petits bocaux à bougie, et souriait, étrangement. Elle fit un speech avec accent brasileiro pour nous demander de chanter " bon anniversaire Néta ". La pauvre, rougie par la mise en scène, mimait une vaisselle dans un évier vide. Mignonne.
Régis fin comme un écrivain écoutant Lydia Lunch en boucle lance " champagne pour tous ", la matrone redevenue patronne (ou inversement) enchaîne un " ce jeune homme offre du champagne à tous ". Un peu flippé le Clinclin clinquant.

Arrivée de la copine, robe rouge très moulant au corps. Corps droit et fin comme un Giacometti, non ?
Elle nous explique le rencard, un événement culturel, des contacts, des avis. Elle ne semble pas être super enthousiasme, balance souvent en touche. Bon. On dîne tout de même, après avoir téléphoné à Vincent, l’ami puissant. Celui-ci arrivera un peu plus tard. Il bosse, c’est un nocturne. Un type épatant, six mois en France, dans l’événement et la production de hip hop africain (Mamadou Konté), et six mois à Dakar avec sa famille, ses trois " Deygey ".

Le petit bonhomme, car c’est un petit homme zygomatique, arrive et nous rejoint à la tablée. Très prolixe en questions et en sourire : l’Africain blanc, le Toubab Wolof !
Connaît aussi bien Phil d’Ici, fait les mêmes références que celles que j’avais sans hardiesse lancé auparavant. Je pensais à Blast donc, lui aussi surtout qu’il est très proche de son créateur, Phil donc.

La jeune femme nous quitte après avoir passé le dîner à taper des textos. Discourtois. On quitte les lieux, pour rejoindre la Mercerie. C’est Régis, Royal (étymologie ?), qui offre le coup ! Quelle générosité ! Bravo Régis !
Vincent nous rappelle à ses souvenirs HEC, de ses premiers entretiens, d’un type fêtant son premier million mensuel, de sa retraite à partir du vingtième…
HEC en pantalon de toile bariolé aux couleurs de souks sénégalais. Il aurait plu à Cyril, Duf, le " dingue " en Wolof. Lui qui rêve de partir vendre des poules là-bas.

2 heures Paris s’endort. Trois heures de sommeil.

Régis est planté dans un bar qui ferme, fermement motivé à boire encore. Punk dans le sang.
Vincent se démène avec une carte sans puce d’une banque Sénégalaise. Génial ce farfadet à idées.

Porte de l’appartement, Seb doit dormir. Deux hommes dans le lit, Seb et Andrew, une boîte de capote posée au sol. Qu’est-ce que c’est que ce traquenard ?
Bon, la boîte sert à planquer du shit. Ouf !
Je tchatche avec Andrew, de cul, de cul, de cul. Il a niqué quelques-unes des girls qui me plaisaient le plus au bahut, dont Céline Brun. J’adorais cette fille, brune, joli minois, cheveux longs et ondulés et 30 au tennis. Un bonheur. Jamais parlé, jamais rencontré, loin dans la cour du lycée.
Andrew est entre nous. Seb dort déjà.
Fatigué du flot de mes paroles et de mes souvenirs de belles donzelles : Aline, Ingrid (ah…), Caroline… Il est parti vers 4 h, direction le fin fond de la Seine-et-Marne.

Bonne nuit, doudou.