Mardi 21 août :

"Le football, c'est vraiment ma passion, c'est la chose que j'aime le plus, donc c'est à ça que j'attache le plus d'importance, c'est à ça que je donne le plus de ce que j'ai à donner.
C'est le plus beau des arts.
Pourquoi ? L'art, c'est quoi ? L'art, c'est de trouver la spontanéité dans tout. Tout artiste recherche de trouver la spontanéité. L'acteur de cinéma quand il fait du cinéma, il recherche à trouver de la spontanéité de l'enfant par rapport à une réplique. Le peintre, c'est de trouver la spontanéité par rapport à une œuvre, par rapport à la liberté du mouvement, la liberté du mouvement, c'être le plus libre possible, c'est être spontané, c'est être le plus libéré possible.
Dans l'écriture, c'est exactement pareil, l'écriture automatique, des trucs comme ça, surtout il ne faut revenir sur ce que l'on a écrit, donc c'est une recherche de la spontanéité.
Le football, c'est ce qu'il y a de plus spontané, parmi les arts, parce que si tu n'es pas spontané, tu ne peux pas réussir. C'est cette recherche de la spontanéité efficace et belle aussi, embellir par un but, un tacle, par un geste décisif. Ce qui fait du football le plus beau des arts."
Éric Cantona. (Conversation avec Roustan)

Cantona !
Un nom à consonance italienne, une fierté hispanique. Cantona, c'est toute la latinité. Mais aussi la puissance, la "chevalerie" de la germanité.
Cantona, c'est le Français. Un mélange judicieux entre la fantaisie, l'indépendance, la fierté latine et la puissance, l'intelligence, l'honneur germanique.
Héros chanté par des millions d'anglais, par les chansons de Pete Boyle, "Drink, drink, drink to Eric the King…"
Mais la France n'est plus une terre de bravoure, de caractère et d'esprit. On préfère les vieilles icônes, ce brave d'Artagnan, pourtant piètre mousquetaire, mort lamentablement à Maastricht.

Cantona marquait, des buts fabuleux, des buts tout courts, ceux d'un attaquant, distillait des passes décisives, talonnades, ailes de pigeon, ou bien encore coup de foulard, Cantona était le magicien. A chaque match joué, on savait que quelque chose pouvait se passer. Cantona, c'est la spontanéité, c'est la technique, c'est le talent, c'est l'amour, c'est l'intelligence.
Le plus grand depuis Cruyff et Platini. Non, le plus grand avec Cruyff et Platini !

Cantona, c'est Merckx. Zidane, c'est Indurain.
Cantona, c'est Fangio. Zidane, c'est Hakkinen.
Cantona, c'est le panache. Zidane, c'est du flan.
Cantona, c'est celui qui tue le diable pour Nike. Zidane, c'est celui qui vend des pâtes pour Leaderprice.
Cantona lève des foules avec un col. Zidane lève des foules après un bourrage de crâne médiatique.
Cantona n'est pas champion du monde, mais Karembeu l'est ! Alors !
Son palmarès est celui d'une équipe, mais c'est aussi celui de celle de maintenant.
Les plus grands joueurs réels, pas de spéculation sur des perles inconnues des favelas ou sur des "stars" officiels, Giggs et Beckham se sont sublimés au contact de Cantona.
Que je sache, Zidane, et son talent inégalable, n'a pas gagné de coupes d'Europe, pourtant dans le club le plus influent du monde, la Juventus. Des titres nationaux, certes, dans les dernières journées, avec l'aide d'un arbitrage assez cocasse.
Reste pour le héros au regard mou, à la tonsure intérieure, deux têtes contre le Brésil. Son talent n'est pas en doute. Mais Cantona is the Great French Player, drink, drink, drink to Eric the King, King, King…

J'ai relu aujourd'hui "Une femme à sa fenêtre" que Drieu a publié en 1930 et dédié à son ami Jean Bernier, membre actif de l'extrême gauche.
J'ai vu l'adaptation par Pierre Granier-Deferre, avec Romy Schneider, Philippe Noiret et Victor Lanoux, hier soir sur Cinéma 1.
Les puristes de Drieu n'aiment pas le film, qui trahit l'œuvre de Drieu.
Balivernes, l'adaptation n'est pas littéraire, mais le film présente de bien belles qualités.
Romy Schneider est une "Margot" exquise, seul Lanoux pèche en "Boutros", fort, oui, grand, oui, mais beau et jeune, c'est limite. Il est assez laid ce Victor Lanoux, avec sa face écrasé, ses lèvres à peine dessinées sur celles si charnues et délictueuses de Romy Schneider.

Bref, le roman se passe à Athènes en 1924, le film à Athènes en 1936. Le choix de Granier-Deferre n'est pas mauvais, il situe l'histoire au moment de la dictature de Metaxas, et de la montée du nazisme.
Le roman se situe à un moment où Drieu, lui-même, n'est pas encore bien "situé".
Dans le film, Drieu apparaît sous la silhouette d'un acteur que le générique ne crédite pas, et explique à "Rico" et à "Malfosse" qu'il croyait comme ses amis, socialiste avant 1936 puis fasciste ensuite. C'est un peu simplifié, mais Granier-Deferre prête de bien jolis et justes mots à son "faux" Drieu. (La véracité de la silhouette et du couvre chef est saisissante)
Il dépasse dans son film, qui va jusqu'en 1967 ! Mais il est fidèle à la pensée de Drieu, Granier-Deferre aimait et a lu Drieu, ce film est un hommage.
D'ailleurs, je suis satisfait de retrouver dans une scène du film une phrase de la scène d'amour entre "Margot" et "Boutros" :
"Merveille du corps, merveille des âmes charnues, spécifiées jusqu'à la pointe des seins, jusqu'à la pointe des ongles, jusqu'à la pointe de la langue".

Romy Schneider était une pure beauté, souvent dans les bras de ce rebutant Piccoli, dans les "Sautet". Bien chanceux le pétomane de la "Grande Bouffe" d'avoir serré dans ses bras Brigitte Bardot et Romy Schneider.

J'ai reçu un mail de FB qui m'apprenait qu'il avait repris mon truc entre Tienanmen et Gênes dans un papier pour VSD, ses chroniques, je crois.
Les idées doivent fuser, d'ailleurs, elles fusent de toute façon.

VTC m'annonce qu'une chanson de son groupe, "Quark", est dans la BO du dernier film de Larry Clarck, "Bully", qui sort en 2001 en France, quel mois ? je ne sais pas.
Qui est Larry Clarck pour ceux qui l'ignorent ?
Il a écrit et réalisé le film "Kids" en 1995 à 52 ans, vieil ado, un film dont je ne me souviens plus de l'histoire, mais c'était bien.
Puis il enchaîne avec "Another Day in Paradise" (1998), bien trash, des scènes d'anthologie, sur la masturbation. "Masturbation save my live" chante Andy Cairns.
Puis "Bully", "Teenage Caveman" pour la Tévé ricaine (HBO, je pense) et "Ken Park" prévu aussi pour 2001. Il a 58 ans, ça paraît complètement fou !
Il joue d'ailleurs dans "Bully", le père de "Hitman". Qui est "Hitman", je n'en sais rien, le catcheur ? On verra au cinoche.