J’avais oublié les invitations mardi soir, pris dans notre conversation. Frédéric m’avait dit de passer au " Flore ", il y déposerait une enveloppe.
J’y passe mercredi à 19h30. Rien. Bordel !
J’envoie donc un mail impulsif en arrivant au travail, vers 8h. Il me répond, très courtoisement, qu’il a déposé l’enveloppe la veille, comme convenu à 19h45. Je me sens très très con.

- Matin, moment de " tendresse " fraternelle. Je reçois un mail d’Éric BB, qui me parle de ma " sensibilité ", ressentie lors de la soirée, puis à la lecture de textes sur mon site. Cela me touche profondément, de savoir, que durant la nuit, il a pris le temps de lire mes trucs. -
Belle parenthèse.

13h, je vole l’enveloppe au " Flore "… Je maile à tout va à Marjolaine… Je travaille hystériquement, très angoissé, par le rendez-vous avec Benoît Duteurtre, petit-fils de René Coty, prix Médicis, ami de Debord, Kundera et Houellebecq… Et des vaches, ouf ! Il y en a partout sur son site.
Mais aussi, Thomas, Pascal, Régis, Cyril, Rodolphe, Olivier et Philippe, à joindre, à retrouver à la soirée, et ce sont des amis qui ne se connaissent pas… J’angoisse. Courir du " Flore " à BETC pour retrouver Marjolaine, mais aussi Olivier et Philippe, Thomas sur les Champs, et Cyril ? Va-t-il trouver ?
IL EST QUELLE HEURE ? Pas de nouvelles de Régis. Je ne suis pas surpris. Mon pauvre vieux.

Là, l’ÉNORME BÊTISE ! : le mail débile à Marjolaine. Le mail du gars stressé, sans poésie :

" Je sais pas trop, je vais courir partout, ne sait pas trop qui va m'héberger, doit voir un gars à 18h30, filer les places à des potes, rv à 21h30-22h Champs...
22h30 à betc -- 23h30 là-bas, je ne sais pas trop... Je sors de brain... Cours dans tous les sens !
Si tu veux, tu peux venir à Olivier, mon DC, il a un carton (x2) ou je ne sais pas trop, allez, je passe à Betc, après mon rencard, vers 20h, je pense, et je te file une invit, à voir...
C'est con qu'il y ait tout en même temps : tu veux venir avec un ex ce soir ? "

JE SUIS CON ! JE SUIS UNE MERDE ! JE SUIS RIEN ! QU’UNE MERDE !

Pourquoi avoir écrit un mail avec tant de fautes, et de conneries… ? ? ?

Alors que je savais que tout allait bien se passer. Je m’en veux.

Dans le métro, le coup de poignard douloureux : un texto de Marjolaine qui dit " laisse tomber pour ce soir… ". Transpercé, je ne peux m’en prendre qu’à moi !
Je l’appelle aussitôt sorti du métro, répondeur… J’enchaîne avec Benoît. On fait connaissance agréablement, au champagne.
C’est parti pour Bordel. Je lui parle de la campagne, des vaches, du dernier Brie de Coulommiers fait avec du vrai lait de vaches élevées en Brie, à Jouarre (n'oublions pas que le Brie fut "fromage européen" au congrès de Vienne, merci Talleyrand).
Je lui parle aussi du manuscrit de Frédéric Grolleau, sur les sangliers, un gars des Vosges, ça l’intéresse, il est lecteur chez Denoël. Voilà, j’adore ce rôle de relieur… Nous avons évoqué aussi ma conception de l’édition, de l’écriture.

Vite, reprendre le RER, rappeler Marjolaine, Olivier aussi, comment qu’on rentre là-dedans, ah oui, la carte magnétique, je monte, il descend, on se croise…

5e étage, vers 20h30 : ÉNORME CONNARD QUE JE SUIS !
Je retrouve Marjolaine… Je suis méchant, oui, méchant, malheureux, une amie à elle nous rejoint, je la salue à peine… Je la torture… Pourtant je comprends très bien, une soirée " people ", elle me connaît à peine et j’ai envoyé un mail foireux. Je suis si cruel, pardonne-moi, Marjolaine.
Je sais à ce moment-là que j’ai brisé le songe. C’est fini…

La soirée :

Cyril déjanté, danseur fou, manche déchirée par une fille, danse partout, que des vents, les filles sont des pétasses, ici… balance des coussins, sang punk dans les veines, alpague Charly Oleg pour des meufs et BBD pour de la drogue, suite à son " Droguez-vous "…
Cyril est jubilatoire.

Olivier s’amuse et est un dieu pour pécho des verres au bar, la serveuse, grande et brune est magnifique.

Philippe s’éclate et alterne le " moon walk " sur Jackson et le pogo décadent sur ACDC.

Pascal et Thomas " relationpubliquent "…

Moi, triste, retrouve Charles, triste. Nous sommes tristes. Je croise Nicolas Rey que je devais relancer pour Bordel, pas envie de parler. Rencontre Florian Zeller, babille quelques trucs.
BBD m’impressionne, il vient me voir et me parle de ses avancées chez Flammarion… c’est impressionnant pour un type qui fête son départ, il a encore la tête à " ça ".

Sabine, la blonde, et Estelle me reconnaissent et me sourient, me font signes. Je souris courtoisement, poliment, timidement. Je pense à…

5h20, Cyril me dépose à Touquin. J’écris à Marjolaine, à BBD et Valérie… 7h, réveil sonne…
Je suis triste de ma Bêtise.