Vendredi 21 décembre :
Depuis le mercredi 7 novembre, je fus démodémisé,
cest dur. Ne jamais tomber en panne avec un imac, les délais sont
hallucinants, trois semaines pour le réparer (cest-à-dire
changer le modem interne !).
Bref, un long moment de silence, enfin en ce
qui concerne le site.
Je me suis replongé dans la lecture de vieux bouquins (de " bons
vieux bouquins "), ceux qui restent toujours comme dagréables
sensations. Jaime bien lamitié avec ces livres. Toujours
là pour nous faire rire, nous évader ou nous faire oublier quils
ne sont que des livres.
Sans pouvoir écrire, je nen avais
pas non plus lenvie, jai rematé un max de films, de vieux
trucs, des films de Penn, Aldrich, les types dun cinéma viril et
violent ; Fuller et Peckinpah aussi. Mais aussi tous les Cocteau.
Jai repensé à mon journal,
à mes " bribes " danalyses de géopolitique des
premières pages, je crois, je ne me relis jamais (presque). Javais
repris la dialectique de Huntington dont le livre majeur, Clash of Civilizations,
reviendra sur les étalages et la bouche des journalistes après
les attentats du 11 septembre.
Je repensai également mes propos suite aux évènements du
11/09, du fait que Sharon allait se donner à cur joie dans la "
répression " contre la Palestine. Les mots de " territoires
occupés ", de " colons ", reviennent chaque jour, et personne
en semble particulièrement choqué. Lallusion de notre passé
colonial nous fait baisser la tête honteusement, mais loccupation
militaire dun pays par un autre et lutilisation des termes de "
colonies " némeut pas pour autant.
Un terroriste, un individu hors la loi, commet un crime et cest une armée
détat qui investit le pays dont est issu le criminel. Bombardements,
meurtres, destructions, occupation, mais bon, cest Israël, alors
cest bien (?).
Je ne comprends plus rien, on se flagelle pour notre passé en Algérie
et lon reste muet face aux crimes dIsraël (qui elle nest
pas " un individu terroriste ", mais plus un état guerrier).
Jévoquais le renversement affectif des USA, Guliani, le maire réactionnaire
de NY est désormais un Héros, un mi-dieu ; et Bush, le simplet
Texan, un leader incontesté.
Le prix des deux tours est bien plus lourd que le chiffrage humain. Et personne
ne parle des oléoducs qui devaient traverser lAfghanistan et que
les boulettes de Clinton dans la zone Asie centrale avaient fortement compromis.
Les Talibans tombent facilement, le plus dur nétait pas de les
annihiler mais davoir une " raison " indéniable (face
au monde musulman).
Dans lhistoire des grands évènements
américains, les gros chocs émotionnels ont toujours servi une
cause (ou une conséquence) militaire et belliciste : Pearl Harbor (41)
et lentrée en guerre des USA, que Roosevelt voulait, mais ne pouvait
jusqualors, lassassinat de Kennedy (63) et lembrasement au
Vietnam. Pour la première, une flotte japonaise qui approche durant des
semaines sans quun navire la remarque et dans lautre un fou (Oswald)
qui tue le président avec une vieille carabine. Moi, je veux bien.
Le passé est toujours devant nous, en
ce moment, je le rattrape un peu. Jai revu mon ami CL, qui était
parti effectuer son service militaire, sept mois sans le voir ; NM, une amie
reprend contact aussi et SL, un pote de maternelle, va être papa. Trop
bien, cest le meilleur de passé qui ressurgit.
Je suis vraiment content davoir des news de NM, copines passées
de CL et de SL dailleurs. Je ne pensais plus la revoir, je croisais sa
mère à Coulommiers qui me briffait des évènements
de sa vie. Mais elle était loin, désormais, pensais-je. Mais le
Net permet de reprendre dinattendus contacts. Je reçois dailleurs
son mail le jour où je récupère mon Imac.
Jenvoie des mails à mes potes,
reçois des nouvelles de FV et YM. Les deux briscards renouent sur le
site des " anti-Jean-Pascal ". Quel con ce JP !
(http://www.multimania.com/jpascal2/accueil.html)
Durant ce dernier mois, jai sympathisé
" physiquement " avec RC, un type dont le livre mavait littéralement
bouleversé lors de sa lecture en 99. Un premier roman mais surtout lun
des livres les plus intenses quil mait été de lire.
Bref, nous nous sommes retrouvés à
coller du papier peint ensemble. Drôle comme première rencontre,
avec un couteau à enduit et une combinaison blanche.
Il ma fait connaître les livres de Pierre Michon, où lon
retrouve un goût pour lélégance de la langue, le choix
du mot et de la formule que lon trouve aussi chez RC. Une sorte de maniérisme
douloureux, bileux, un coup de matraque linguistique.
Par contre, le premier roman de son pote CP, Descente, est assez classique,
voire assez chiant, très convenu, mais la scène du ping-pong,
la première que je lis, est plus que réussie. Les livres dAlexandre
Millon sont excellents. RC ma prêté Les jeudis de Monsieur
Alexandre. Je lai lu dune traite, dans le train. Vraiment drôle
et bien écrit.