Je dois avoir la gueule de la journée. Temps gris. Nuageux et grisâtre. J’ai bien eu un petit moment d’excitation, de vie. Un long échange sur MSN avec Pascal. J’ai parlé de nichons, essentiellement, et lui, de Juliette, souvent.

Jay jay chante toujours la même chanson. J’ai pas encore fini " Maniac ", pourtant ça me plaît assez. Un pauvre type de 27 ans, surendetté, qui aime les gros nichons et qui bosse dans la pub à un poste peu rémunéré.

Je ne sais pas en quoi je crois, Jay jay. Pas très loin d’ici, j’entends le souffle fatigué, mais plein de rage, de ce vieux Papon, patapon.
On a un point commun, en dehors du rapprochement géographique, c’est que tous les deux, nous avons été accusés de " trouble de l’ordre et de la sérénité " de la société pour lui, d’un lycée, de mon côté.
Comme la bête est bête.
Je n’ai jamais reçu de " nouvel ordre ", je ne sais si j’ai le droit de me rendre au lycée de Coulommiers, ou suis-je encore paria dans cet établissement.

La bête est énorme. Bien plus que les nichons d’Alexandra, mutine que je ne connais pas. N’est-ce pas Dabug ?
Quel beau métier professeur ?
Le premier livre d’Éric Bénier-Bürckel, que je n’ai pas lu, s’intitulait " Un prof bien sous tous rapports ". C’est ça, oui, bien sous tous rapports.
Il a obtenu pour ce premier roman, le prix Sade 2001. Piètre écrivain l’imbécile de Sade, écrivain stupide aussi. Mais bon, il a ouvert, popularisé, des portes, un genre.
Cet écrivain pyroxidé est professeur de philosophie, comme tant. Comme Pépin, comme le crétin du Loft. Les philosophes écrivent des romans sur des pauvres types d’aujourd’hui qui ont débarqué sur une île qui n’était pas celle rêvée au départ.
Une grande frustration. Eux aussi, ils veulent être célèbres. Ils le méritent tout de même plus qu’un " Jean-Pascal " ! Ils n’ont pas lu Nietzsche et " Etre et Temps " pour rien !

Moi aussi, je veux passer à la télé, avec un truc à vendre et en récolter des nichons à m’en goinfrer jusqu’à plus mains, plus bouche, plus bite. Je veux du supplice du nibard. Tous les jours les malaxer, éternellement. Retombant. Puis, à l’aide de mes pétrissages, ils darderont de nouveau. Ainsi soit il.

Again. Dit le petit Jay jay. Je comprends rien à l’anglais, à l’exception de certains mots pêchés ici et là.

Un gros con de l’Humanité braille dans ma télé, et celle des autres, que nous ne devons pas oublier l’horreur de la période que représente Papon. Crime contre l’Humanité, crime contre l’Humanité, vocifère-t-il, le con de l’Humanité. La Shoah est indépassable, nul crime ne le dépasse, dit-il.
Esprit de clan. Est-ce pour empêcher de parler des crimes et camps du Communisme, qu’il soit léniniste, stalinien, maoïste, castriste, titiste ou bien polpotiste ?
Il parle de morale, de devoir de mémoire, le type du PCF, de l’Humanité. Il ressemble à un procureur, un instituteur d’avant, de l’époque où il savait lire et écrire, de l’époque où les Humanités étaient primordiales, de l’époque où l’on connaissait son Descartes et sa géographie.
Mais c’est un crétin d’aujourd’hui qui parle sous les oripeaux de l’intelligence passée. Crétin, institutionnalisé en 1968, lors de la grande révolution bovine.
" Nous sommes tous des bœufs juifs allemands " criaient-ils partout dans nos rouges prairies.

Le type braille toujours, ce n’est pas ma musique qui le dérangerait, ni même pas tête hébétée.
Crime contre l’Humanité, quelle honte, quel désaveu, quel drame. Drôle. Il braille toujours.
Crime contre l’Humanité, comment oublier la Shoah, indépassable, incommensurable, et l’horreur, des bébés de Bordeaux morts à Dachau, et il braille toujours.

J’écoute le brailleur brailler. Comme ça. Parce que sur F2 la France est déjà qualifiée pour la finale, contre l’Argentine ou plus vraisemblablement la Russie de Kafelnikov et Safin. J’aimerais bien aller en Russie pour trouver une jolie femme, comme celles des plateaux télé, des premiers plans de TF1. Comme celles que baisent les vieux dans la Beig-BD.
Le brailleur est tout rouge d’Humanité. Le crime est indépassable, c’est honteux, il faut s’insurger, faire la révolution. Bientôt octobre pointe son nez. Chez nous. Alors qu’Octobre s’est passé en novembre. Calendrier russe. En avance.

Oui. C’est pas mal ça, la révolution. C’est même plutôt un joli programme. Une belle révolution. Patatras. Fatras. Abracadabras.
On trucide Papon, monstre indépassable. C’est un bon début. Et puis ?
Faut faire une liste, une révolution, c’est un ménage de printemps, c’est pas pour rien que les Russes débarquaient toujours dès que mai éclosait ses pétales.
Je propose de garder le protocole de l’ancien régime (la Ve République) :
Chirac, crac, Poncelet, ouais, Raffarin, surin, Debré, décapité (plus de tête), mais aussi tous les corniauds des média. J’aimerais bien aussi assister à la mort par déchirement anal explosif de Lang, Jacques le Magnifique, la figue explosée !
" À la mémoire de tous les jeunes ados déflorés pour la République Honteuse ", sera désormais sur la façade de tous les bâtiments de l’éducation de notre nouvelle société.
Anne Sinclair aussi, ce serait bien de l’exorbiter pour voir si elle porte oui ou non des lentilles, cette vieille rombière boulimique.
Un carnage dégénéré. Ravage jubilatoire. Putain, ce sera de la vraie Télé Réalité. On filmera toutes les exécutions, bien mieux que les Ceausescu, on demandera à Gaspar Noé ou bien à Jeunet d’être les metteurs en scène de nos informations, les " Informations Pâtés ".
Le coq, les ergots dans le sang. Du pâté de salauds, en 16/9e. En THX.

Pour le bien de la révolution, une razzia bacchanale sera organisée, on baisera, nous les révolutionnaires, toutes les putes qui nourrissaient nos frustrations depuis des lustres : allez hop, au château de la " Star Academy ", viols puis égorgements. Crimes et châtiments. Grandiose. Russe !
Tiens, la petite secrétaire bandante et sirupeuse de France2, Lumbroso, pas d’échappatoire, c’est la solution phallique finale !
On niquera toutes ces putes avant de les effacer définitivement, avant de reconstruire quelque chose de grand et de beau. On expurgera nos frustrations dans un flot libératoire de sperme. Ce sera la révolution des masturbateurs, des branleurs, des paumés, des frustrés, la révolution blanche et visqueuse. Une révolution d’où naîtra un monde meilleur. On réfléchit bien mieux les couilles vidées. On fera quelque chose de beau, de bon, de juste.