Samedi 22 et Dimanche 23 septembre :
Un week-end avec Judicaël
J'ai déjà oublié ce que
je faisais ce samedi avant que Judi m'appelle. Je devais écrire, réfléchir
sur FOG ; ce gros con intellecticide.
J'avais prévu d'écrire la fin d'Héloïse, qui traîne
depuis déjà trop longtemps, pour ainsi me consacrer à ma
nouvelle histoire.
Mais mon ami Judicaël, Mon Ami, se propose de venir me voir ; il est en
effet revenu chez ses parents à Voinsles pour le week-end.
Ses week-ends habituellement passés à Chauny sont rythmés
par l'absorption du bon Johnny Walker. Puis, tout cela finit dans un mouchetis
de vomi, de salive, de merde, de sperme et de peinture.
Ses parents le dépose. Il est tout guilleret,
il a bonne mine, une bonne barbe, un large sourire.
L'animal est vivant, l'animal est artiste.
Je ne sais plus trop ce que l'on fait au juste, une balade dans le village,
une 16 dans la main, le soleil dans les yeux. On a tourné autour du château,
bien discuté, puis il a repris une 16. Je n'avais pas fini la mienne.
Depuis mon coma éthylique, je ne suis plus aussi résistant. Pourtant
cela commence à dater, un lustre au moins.
Judi veut aller à Coulommiers en stop,
pas moi. Je n'aime pas le stop, alors pas du tout.
On zappe sur le sat, on met une K7 de cul, un truc sympa, assez drôle,
"La directrice est une nymphomane".
Mais bon, on n'avance pas !
On appelle David, "Vida", pour la paix des braves ; on ne se parlait
plus trop depuis la soirée où David était parti sans Judi,
ce dernier étant rentré à pied après maintes aventures.
David débarque, bonne mine, mais bon
il est jamais très pèchu le petit David. Il est déprimant
de déprime. Mais c'est un pote. Un type intelligent et gentil.
On part à Mac Do après que le petit est roulé un gaz pour
le trajet. Les deux n'ont pas arrêté de fumer, alors pas du tout.
David, par contre, ne boit plus. Donc,
il risque de faire la gueule toute la soirée. Il nous parle d'un plan
"meuf", Véra nous apprend-t-il.
Véra comme la petite grosse à lunettes dans "Scoubidou".
David ne connaît pas, il ne regarde que des films de boules.
Mac Do, Judi et moi avons des bières
et du sky dans l'estomac et cela influe sur le mécanisme buccal, on commande
n'importe quoi, le plus facile à prononcer.
C'est une élève du bahut qui nous sert, "Xavière",
jeune, brune, yeux bleus, bien
Mac Chicken, Mac Bacon, DoubleCheese, Coca, frites, sauces barbecue, des sundays
à la vanille ou bien peut-être des Milkshakes, enfin c'est bon.
On se goinfre, je bouffe comme un juif d'après les potes, mes mains formes
des crochets sur les différents hamburgers que j'avale frénétiquement.
Après la ripaille, la tise.
On passe à la Libé, les mêmes trognes, les mêmes salauds,
les mêmes zonards, pas trop de filles. Mais des Cervoises bien fraîches,
des sky pas chers, de la vodka presque buvable et des Rugbymen, des gros bien
lourdauds.
On discute ici et là, on se marre comme des cons. Un SDF branche Vida,
normal vu sa tête de malheureux !
On est délétère, évanescent ; "délétère
= nocif", mais bon le mot sonne bien quand même ?
Davina apparaît, ouah, elle a bien évolué
cette molécule essentielle. Une particule élémentaire mon
cher Judi, una bomba des bombas !
Mouchachos, arriba, arriba, una Tequila Senor !
Elle me raconte son déménagement dans le Sud, chez son père,
avec sa belle-famille. Elle ne salue pas Judi, il fait toujours peur aux filles,
mais c'est lui qui les nique.
Coup de speed, pression festive, on est aux
Sources. Je n'ai rien vu. J'étais à la Lib' et hop je discute
avec le pépé gardien du parking à Saint-Siméon !
Il est tôt, le bar est vide, y a pas grand monde.
Judi a oublié son blouson, papiers et tout le reste à la Libération.
David nous paie un coup, j'imagine. Long Island, je crois que je vais mourir.
Aurélie, la serveuse, me raconte son job dans un bateau comme serveuse.
Elle est là pour la semaine, mais elle est tout de même venue bosser
un soir.
Judi trouve qu'elle est super bien gaulée,
moi, je ne remarque rien. Je ne vois jamais rien, j'écoute.
Puis tout s'accélère, je vois
Audray, une mignonnette Tautouienne, je danse, je rigole, David fait la gueule
au bar, il veut rentrer.
Avec Judi, on joue les tafiolles sur la piste. Je suis resté comme la
veille, avec mon bas de jogging avec lequel je dors, un vieux t-shirt du lycée,
un pull trop grand et une père de vieilles baskets. Je suis quand même
rentré.
Soirée se termine chez moi ; David est
rentré se pieuter. Judi zappe sur kiosque pour voir des chattes, des
culs. Je vais me coucher.
Dimanche, levé 8h, Judi a repeint les
chiottes. Je vais donc chier chez mes grands-parents.
Vers midi, le lascar s'éveille. Il ne se rappelle pas d'avoir gerber.
Je nettoie, je suis un pro du ménage.
Il glande sur le canapé, jouant avec brio les Terrence et Philipp. On
appelle Xavier pour son blouson.
Mais il ne le retrouvera qu'en fin de journée. On a rien fait, rien mangé,
rien bu. On a maté la télé, des trucs avec Clara Morgane,
des matchs Italiens, et "Délivrez-moi" l'émission de
FB.
J'ai écrit un texte sur FOG. En pensant à Mallarmé. Stéphane.