Depuis hier, j’ai entamé une polémique sur le film d’Alain Chabat et Claude Berri, " La mission Cléopâtre " sur le forum du site http://madecaunes.fr.st
L’idée de me faire piétiner par des bœufs encartés nourris au pop-corn et assoiffés de coca en carton ne me réjouit pas énormément.
Je n’ai rien contre les budgets des films, c’est le résultat que je critique. Je ne condamne en rien les films qui se réclament de la farce ; j’adore les frères Zucker, les frères Farrelly, Mel Brooks etc. et la " Cité de la peur " des Nuls.
Je connais les impératifs du cinéma, des producteurs, rien de nouveau. C’est vieux comme le cinéma.
À l’origine, le cinéma se construisit par les réalisateurs, Cécil B De Mille et la " Paramount ", Griffith et la " Triangle " ou Sennett et la " Key Stone ", nous sommes en 1909 et 1919. Puis, ce fut le contrôle par le " star-system ", avec les " United Artsits " de Chaplin, Fairbanks, et Pickford (des acteurs) et aussi Griffith.
Puis vint le contrôle par les porducteur-diffuseur, " MGM " en 1923, la " Columbia " en 1925 et les frères Warner et l’invention du parlant.
Dès l’origine, le cinéma est marchand, dès le début, les cinéastes se plient aux volontés des producteurs ; Von Stroheim se réfugiant en Europe pour devenir acteur, ni Capra, ni Curtiz, ni Lubitsch n’avaient le final cut. Ford non plus. Selznick, producteur indépendant impose ses directives à Fleming pour " Autant en emporte le vent ".
Rien de nouveau du côté de l’impératif commercial. Je ne suis pas un nostalgique d’un cinéma non-capitaliste (qui n’a jamais existé).
Mais les cinéastes, à l’image des peintres de la Renaissance, usaient de leurs talents pour donner leur vision du monde, optimiste et Rooseveltien pour un Capra, fataliste et torturée chez Ford, pessimiste chez Losey.

Ce qui me révolte, m’inquiète dans la situation de la production cinématographique française, c’est d’une part le nouveau comportement des spectateurs encartés et d’autre part la finalité des cartes.
Le zapping de salles m’horripile, les gens qui vont et viennent de salles en salles, d’une scène pyrotechnique à une poursuite en voitures sont la conséquence de la possession de cartes. On se promène d’une salle à l’autre dans les grands complexes. Tous les dix mètres, un stand " bouffe ", et c’est le bonheur. Pourquoi suivre attentivement un film si je peux le revoir autant de fois que je le désire et gratuitement ?
Les cartes n’ont pas été faites pour relancer le cinéma, mais permettre la vente de produits secondaires qui sont la vraie richesse des salles d’exploitants.
C’est tout simple et arithmétique. L’exploitant touche 30 % de la vente d’un billet de cinéma, et 80 % des ventes des confiseries.
Faire des films pour vendre des confiseries. ça fout les jetons, non ?
Comme pour la télé où les directeurs de chaînes ont comme principal objectif de trouver des programmes qui amèneraient le plus de personne aux spots de pub, le cinéma a le même principe qui mène à une dérive quantitative. Faire en sorte que les spectateurs achètent un max de conneries à becqueter. Et on sait pertinemment que plus le film est lourd plus la vente de merde sera importante. C’est d’ailleurs un ratio de qualité du film.

Alors que penser du film-casting de Chabat ? Toute la scène hypée française est présente, Djamel, Bacri, les Robins des Bois (à l’exception d’Elise), Edouard Baer. Ne manque que Loana et Jean-Pascal.
Alors je sais, Chabat fait appel à ses amis, il n’y a rien de mal à ça et c’est même plutôt sympa. Oui, j’en conviens, Darmon et la “Carioca”, Djamel et C+, les Robins et la “Cape et l’épée”. Tout ça est ok, Baer et la présentation des Césars. Génial, j’adore les films de potes.
Berri joue un rôle, comme dans un bon vieux Godard. Tout cela est convivial comme un le banquet final d’une bande dessinée.
Il y a la Bellissime Monica, alors que demander de mieux ?
Rien. C’est ça le plus effrayant. Tout est beau, tout est gentil.
Mais quelle est la philosophie générale du cinéma français (si l’on accepte de croire encore à l’exception culturelle française) ?
Les complexes se propagent, les cinémas des petites villes disparaissent ou proposent un choix de films identiques que l’UGC du coin.
Il y aura toujours un cinéma expérimental, indépendant, hors du système, d’un cercle privé, entre initiés.
Je ne souhaite pas cette ghettoïsation du cinéma. J’ai envie de pouvoir voir des films différents près de chez moi, sans sombrer dans un élitisme esseulé.

Le cinéma a toujours été une propagande (pour Roosevelt entre 30-40, pour la guerre froide dans les années 50, pour les " GI " en ce moment), un moyen marchand (les confiseries de l’ouvreuse), mais le système était encore un peu ouvert. Des bouffées de liberté pouvaient s’y échapper.
Aujourd’hui, les grandes majors sont rachetées et fusionnées avec des groupes de télécommunications. Le jeu devient dual (entre les deux grands groupes, Universal et Time-Warner). Le cinéma n’est plus un art et un moyen de vendre mais un moyen de vendre tout court. Les groupes produisent des films pour véhiculer des produits. Des films standardisés aux découpages d’un DVD, permettant des supports annexes (de la gomme au jeu vidéo), engrenant la consommation de confiseries et de sodas, et propageant l’image des marques (Sony, Coca-Cola, FedEx, AT&T).
Mais où est donc passé le 7ème Art ?

 

Christian Clavier .... Astérix
Gérard Depardieu .... Obélix
Jamel Debbouze .... Numérobis
Monica Bellucci .... Cléopâtre
Gérard Darmon .... Amonbofis
Alain Chabat .... Jules César
Claude Rich .... Panoramix
Edouard Baer .... Otis
Dieudonné .... Caius Céplus
Pierre Tchernia .... Caius Gaspachoandalus
Chantal Lauby .... Cartapus
Isabelle Nanty .... Itinéris

Les autres :

Anthony Agius .... Membre de l'équipage des pirates
John Agius .... Membre de l'équipage des pirates
Fathi Alwalidi .... Marin Napadélis
Mohamed Atik .... Jardinier
Gazouz Azelarab .... Touriste japonais
Claudio Azzopardi .... Marin Napadélis
Jean-Pierre Bacri .... Commentateur langouste
Coco Bakonyi .... Centurion Hotelcostus
Maurice Barthélémy .... Légionnaire Couloirdebus
Jean Benguigui .... Malococsis
Alex Berger .... Caius Tchounus Mogulus
Claude Berri .... Peintre Cléopâtre
Dominique Besnehard .... Le goûteur
Laurent Biras .... Légionnaire Francorus (Casting)
Patrick Bordier .... Menubestofplus
Joseph Briffa .... Membre de l'équipage des pirates
Joël Cantona .... Centurion forêt gauloise
Cyril Casmèze .... Légionnaire à quatre pattes
Emma de Caunes .... La secrétaire de César
Carole Chabat .... L'ouvrière lentilles
Max Chabat .... L'enfant pyramide
Philippe Chany .... Maori Nataf (musique du film)
Kurt Chetcuti Bonarita …. Membre de l’équipage des pirates
Francis Chircop …. Membre de l’équipage des pirates
Liana Chliakina …. Amazone César
Michel Crémadès …. Triple Patte
Alfred Cuschieri …. Membre de l’équipage des pirates
Georges Custo …. Membre de l’équipage des pirates
Abderrahim Daris …. Le chef de caravane
Momo Debbouze …. Vendeur Sphinx
Mouss Diouf …. Baba, la vigie des pirates
Yves Domenjoud …. Ouvrier ZZ Top
Abdellatif Doulfakar …. Sonneur trompette
Bernard Farcy …. Barbe-Rouge le pirate
Marina Foïs …. Sucettalanis
Pacifico Galea …. Membre de l’équipage des pirates
Christian Gazio …. Membre de l’équipage des pirates
Ingrid Guérin …. Amazone César
Med Habib …. Touriste japonais
Larbi Idrissi …. L’acheteur
Mohamed Inqaoui …. Le marchand
Mathieu Kassovitz …. Physionomiste banquet
Robert Kechichian …. Membre de l’équipage des pirates
Emmanuel Lanzi …. Romain catapulté
Océane Lavergne …. Amazone César
Jean-Pierre Lazzerini …. Légionnaire laconique 1
Samson Leguesse …. Capitaine Napadélis
Thierry Lemaire …. Ouvrier ZZ Top
Noémie Lenoir …. Guimieukis
Louis Leterrier …. Ouhécharlis (assistant réalisateur)
Abdelkader Lofti .... Omar
Victor Loukianenko .... Brutus
Xavier Maly .... Légionnaire laconique 2
Carmelo Mamo .... Membre de l'équipage des pirates
Pierre-François Martin-Laval .... Lanceur catapulte
Monia Meflahi .... Myosotis
Edouard Montoute .... Nexusis
Yvon Moreno .... Passant Imhotep
Fatou N'Diaye .... Exlibris
Mohamed Nesrate .... Le chef des gardes
Sophie Noël .... La fille de Barbe-Rouge
Patou .... Geôlier
Alexander John Psaila .... Marin Napadélis
Cyril Raffaelli .... Légionnaire forêt gauloise
Jean-Paul Rouve .... Caius Antivirus
Candide Sanchez .... Légionnaire repoussé
Godwin Scerri .... Membre de l'équipage des pirates
Mohamed Seydou Diallo .... Esclave gâteau
Zinedine Soualem .... Le carreleur
Abdel Soufi .... Sculpteur
Sujan Tiang .... Touriste japonais
Charles Trois .... Membre de l'équipage des pirates
Bruno Vatin .... Ouvrier ZZ Top
Pascal Vincent .... Légionnaire catapulte
Ling Lin Wang .... Touriste japonais
Dong Ming Zhang .... Touriste japonais