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Je quitte le travail avec la désagréable sensation de
navoir rien à raconter aujourdhui. Il ne sest
rien passé. Je nai presque pas reçu de messages.
Jai commencé à relire " Héloïse
", un premier jet (" lalannien ") de mars 2001. Je trouve
cela bien. La journée na vu que mon adresse " .fr.fm
" devenir " .com ". Je prie le destin en éteignant
mon ordinateur de me faire rencontrer une douce beauté, comme
hier. Mais je ne prends pas le train SCNF ; donc pas la ligne de Coulommiers,
et ses néo-étudiantes. Je lui demande la jeune danseuse
dans le bus de Chessy.
Le destin est bien plus généreux.
Je suis droit comme la barre visqueuse du wagon. Je ne pense à
rien . Aucune beauté pour méloigner un peu. Pas
de voyage en vue. Une blonde monte, à quelle gare ? Elle me tourne
le dos, elle est assez loin. De ma myopie, je me dis quelle est
belle, grande avec des cheveux jaunes Monroe. Toute une doctrine.
Elle se retourne, le flou me sourit. Le focus se précise en savançant
vers moi. Cest Aude, une jeune fille de Coulommiers. Elle a eu
son bac lannée de ma suspension. Elle est en prépa
ENS à Cachan.
Aude, que jappelais " Maud " parce que cest une
Aude moche, pour lagacer, est une fille sculpturale, voluptueuse,
aux seins impériaux. Cest une charmante loi des séries.
Nostalgie et grosses poitrines. Charme et douceur. Peau de lait, crème
diaphane, elle me fixe de son regard lapis-lazuli. Elle me demande des
nouvelles de mes activités littéraires, si le roman que
jécrivais à lépoque est sorti. Le jour
où je le ressors de son tiroir dans lintention de le relire
et de lenvoyer à des amis dès la semaine prochaine.
Ce putto nest pas quun ange vaporeux de délices charnelles,
mais un signe décriture.
Elle me dit quelle pensait à moi récemment en allant
aux " Sources ", où elle na revu aucune tête
connue. Si elle savait. Elle apparaît dans mes affreuses chroniques,
habitées de beautés charnelles, justement dans celle nommée
" les Sources ". " Il est évident que nous allions
bavarder avec Nelson, mater le petit cul de Davina et les seins dAude
". Dailleurs notre conversation a débuté par
lévocation de son amitié avec la petite Davina.
Beauté volée également, volée à elle-même.
Tant est ce gâchis.
Je lui donne mes coordonnées, mail, site et téléphone.
Elle les accepte avec enthousiasme. Elle est toujours enthousiaste,
Aude.
Je me souviens de lavoir embêté à la Libération,
me cachant dans les chiottes, passant par la petite fenêtre, ne
voulant pas y sortir, lempêchant de pisser. À ce
moment, je navais pas la voix timide.
Là, jai encore la voix tremblante, comme hier. Je comprends
cette fragilité. Le manque et lenvie. Le manque de ce contact
physique et lenvie de les toucher, de poser mes doigts sur leurs
corps, sur leurs lèvres, sur leurs seins. Mes doigts disparaissant
dans le tendre de leurs ventres. Jai envie de leur faire lamour
à ces corps désirables. Jai envie que leurs regards
ne me quittent pas à la prochaine station. Jai envie que
leurs voix de jeunes filles enchantent mes sens. Jai envie de
cette tendresse, bordel !
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