Je suis là, et je pensais bien regretter d’être là. J’avais sorti mon pc dans le bus, et hop, un type était venu s’asseoir près de moi. Il avait commencé à me parler de ses plans business. Tout ce que je veux. Moi, ce que je veux, c’est simple, c’est du temps, et du temps à profiter du temps.
Ce que je veux aussi, c’est être celui qui est aimé, aimé par une fille aimée.
Nous discutons. De sa vie chez les cailles, de son taf dans les fringues, de ses commissions, des cylindrés de ses copains, …
Le type fume son bédo sur le quai, un blondinet lui demande s’il peut tirer. Je me tire ? Ils parlent de " plans ", portables, " TX…pffff "…
Sonne, le départ du RER. On saute dedans, fatalement, forcément. Je vois cheveux dorés, je suis attiré. Elle lit " Stratégies ", article sur euro rscg, eh, c’est chez moi… On parle, un type descend, ici, l’autre, juste après. Je suis seul, elle est seule, avec moi. Je parlais, expliquais, pétaradais, paradais, discourais, précisais, je ne dis plus rien. C’est une jeune beauté vue il y a quelques jours, visage découpé au ciseau de Verrocchio, nez ciselé, droit, grec dit-on, yeux amandes (déjà lu) et perles lapis-lazuli… je fixe ses mains, petites mains exquises, encore des choses ressenties mille fois, yeux amandes et bleus, peau diaphane et rose Tiepolo, mains fines et délicates, cuisses douces et légères, genoux objets de tous les cultes… Femme Compostelle.
Je la regarde, elle regarde dehors, le paysage, les maisons, la fenêtre, les reflets. Je baisse les yeux dès qu’elle se tourne dans l’autre direction. Pourquoi baisser les yeux. Est-ce sa beauté qui est trop sacrée. Est-ce la conscience de sa propre laideur. Blanche candeur. Petites mains, cuisses minces, genoux tout près de nous.
De ce genou, toute la grammaire peut en être changé, intégralement, élémentairement. Nulle révolution paradigmatique.
Elle descend à Gare de Lyon. Rictus. Je poursuis jusqu’au Halles. Demain, je lui parlerai, demain, je lui parlerai livres, demain, je lui parlerai bordel, demain, je lui parlerai et la ferai rire. Rires sur son visage ciselé, tranché, découpé, angle droit, sculpté, parfaitement dessiné.

… J’aurais tellement aimé avoir le courage de la suivre, cette jeune fille, qui me fait tant penser à Helen Hunt, moi, l’infâme misanthrope…

… Philippe, El Sensationnel, avec qui j’avais échangé des mails durant ce si beau week-end, me réserve de bien belles surprises à mon arrivée dans mon bocal…

News, des textes en version imprimable... et la RADIO BORDEL.

Programmation musicale :

Fading, Fragments d'un discours amoureux, EHB
Pornographie, Genoux, hiboux, cailloux, Jérôme Attal
Multiplicity of me, remix par Mimetic Field, Von Magnet
Perfect World, Sombre extase, Quark
La Plage, single, Vendetta

C’est au prix de son bronzage, que bordel se précise... et les italiques crie de Boulogne, le Clinclin soin soin !

J’apprends les morts horribles des hamsters d’autre Philippe, plus connu pour son chameau, sauvage, qui court après des Ingrid Borel. Bordel !

Facile, je l’accorde, en tout cas, plus que mes mails ésotériques envoyés à Florian ; j’en veux à Audrey, de son impolitesse, que JUSTICE soit faite. J’ai besoin de lui dire, Le Campagnard n’aime pas ses manières. Mauvaises. Quoi qu’on puisse reprocher à ce jeune homme, à ces jolies rédactions, rien de justifié ne peut venir d’une pigiste, plus ou moins jolie (plus que ses concurrentes), qui pond des articles qui ne me font jamais bondir d’admiration. Bêcheuse. Pisseuse. Je ne pardonne qu’aux jolis seins, gros. Pas de chance, petite.

Fred est désolé des brèves qui m’oublient… Quelle belle vigie tu es ! Ce qui est important, c’est les écrivains, de bordel, et d’après, d’avant, c’est Pascal qui finit un roman, mais avant, il m’annonce le nouveau Tech avec son portrait de Valérie. C’est Régis, le styliste, le rasoir. C’est Thomas, le confus, le dense, l’éthologue. C’est Charles, Florian, qui se lâchent… C’est une bande de types, une meute de lascars… Propres.

Je prépare un doc avec toutes les infos sur bordel, et ceci, et cela, pour Helen Hunt… mais avant je lis, regarde le journal de Caro, et ses petits pieds hauts perchés…