Mardi 24 juillet :

Toujours mes problèmes de connexion. Stefan était venu pour envoyer des photos, on a ramé comme des malades.
J'étais en train d'écrire, des dialogues jubilatoires entre Héloïse et Tony. Je m'y remets cet après-midi.

J'ai lu sur le livre d'or, des critiques d'un certain Olivier. Je n'ai pas trop envie d'en faire mention, sachant qu'il n'a jamais lu une ligne de ce journal en ligne.
"Nombriliste", c'est une dérive que j'essaie d'éviter. Mon journal évoque la géopolitique, la philosophie, l'histoire, c'est vrai vu à travers le prisme de mon regard. Difficile de faire autrement.
"Etre un écrivain" pour écrire un journal, je ne pense pas. Beaucoup de personnes écrivent un journal, pour le plaisir. Pour tuer l'ennui. J'ai choisi de le mettre en ligne, mais sur un site non référencé. Seuls mes amis y ont accès, à l'origine.
FV a fait des liens ici et là, j'en suis satisfait, mais ce n'est pas une volonté narcissique de ma part. Il suffit de me lire un peu pour comprendre.
Passons ce type qui doit être l'ami, je suppose, de "Moche Levy Dayan", l'immondice borgne.
Je ne suis pas de droite, je ne suis pas de gauche, je suis juste derrière, tournant le dos à l'assemblée, limite montrant mon cul, et mes bonnes manières.
C'est ça un journal "d'ado…", j'ai oublié le terme de cet imbécile. Bref…

La journée est belle, tout est positif…peut-être une partie de tennis…une balade en vélo…une lecture au bord du Morin, sous un pont, près d'une cascade aux Paradis, lieu dit du Paraclet.
Je repense à mes voyages, à ma fascination pour les ponts, Florence, Venise, Prague…
A Prague, le célèbre Pont Charles, énorme 500m sur 10m de large, sur la Vltava. Ce pont relie la vieille ville à la Mala Strana, "l'autre côté". Si l'on regarde vers la Mala Strana, on aperçoit la cathédrale Saint Nicolas, la cathédrale Saint Guy, une cascade de toits, de clochers, c'est assez fabuleux.
Sur le pont, c'est Montmartre, ce sont les artistes, les marionnettistes, les dessinateurs, les peintres, les musiciens…
On traverse ce pont très lentement, c'est un plaisir qui se savoure. D'autant plus que les praguoises sont charmantes.
J'oublie le monumental château royal juste au-dessus du palais Wallenstein.
Je passais mes débuts de soirée sur ce pont, tranquille et seul. Regardant aussi bien le courant du fleuve que les bâtisses de la ville, que l'horizon boisé de la Bohême.
Prague, chaque soir, un concert classique, ou de jazz, ou de rock, c'est une ville de musique.
Je commençais par des petits concerts dans des églises, généralement gratuits. Je poursuivais par des récitals à l'institut Kafka, je me souviens d'un concert de l'œuvre pour violon et piano de Dvorak, je ne sais pas comment on fait les signes cyrilliques, interprétée par Bohuslav Matousek (violon).
Je me souviens aussi de ces cons d'Italiens qui filmaient le récital et du bruit du défilement de la K7, je les aurai tués.
Puis direction au "Bunkr", une boîte indus-rock à 5F la vodka tord boyaux. Des rencontres incroyables, une suédoise percée de partout, qui faisait visite guidée dans les gogues, des punks locaux bien plus radicaux que les travestis de Cannarby Street. Le plaisir cette ville, la nuit est d'un calme hallucinant. J'ai traversé toute la ville du centre à l'appartement où je résidais rue Slavikova dans Vinohrady sans le moindre souci. C'est un quartier très tchèque, pas du tout touristique. Des petits épiciers, des magasins de Hockey, les "snacks" locaux où l'on mange des grosses frites maison avec des morceaux de porcs, c'est dur, l'odeur est insupportable, mais tout le monde semble apprécier cette bouffe bien nourrissante et peu chère.
J'ai fini une nuit en compagnie d'une vodka locale sur le pont, voir le soleil se lever. Cela reste l'un de mes souvenirs préférés.

Lorsque l'on vient des Offices, que l'on a admiré les statues des Grands de Toscane, Pétrarque, Dante, Boccace, Giotto, Masaccio… on arrive au Ponte Vecchio, généralement on observe des rameurs d'avirons qui glissent sur l'Arno, si l'on se penche de la rue "Lungarno dei Archibusieri", on aperçoit, en bas, au bord du fleuve, une terrasse verdoyante. Je n'ai jamais trouvé le passage y conduisant.
Du Ponte Vecchio, on fait un arrêt au milieu et l'on observe les autres ponts, vers le Ponte alla Carraia, où j'ai pissé un soir de Noël, et où j'ai oublié la belle Cubaine, et vers le Ponte alla Gracie.
J'avoue que je regarde plus vers le Ponte alla Carraia, je ne sais pourquoi.
Sûrement parce que c'est la direction de l'Oltrarno, "l'autre Arno". C'est le quartier de Santo Spirito, mon église favorite, sans façade, de Brunelleschi. C'est aussi Santa Maria del Carmine et la célèbre chapelle Brancacci (Masaccio, mais aussi Lippi, le fils).
Si l'on poursuit dans la voie principale du Ponte Vecchio, on aboutie au Palais Pitti, caractérisé par son énorme bossage rustique.
Du Palais, par la voie Romana, on pénètre dans la partie vivante de Florence, des culottes suspendues aux fenêtres, aux enfants un peu sales qui jouent dans la rue, à cache-cache, aux chats…

Aquarelle de J2M.

 

Des enfants, je n'en ai jamais vu à Venise. Faut dire, je suis jamais allé au Mestre.
Le Rialto, le pont le plus connu. Je me suis souvent perdu à Venise, pour aller à la Piazza San Marco, pour aller voir le Colleoni, ou les Tintoret à la Scuola di San Rocco.
Ces lieux se trouvent dans des directions différentes, mais je tenais à toujours passer par le Rialto. Beaucoup de marche, de bouquinistes découverts, une échoppe de livres rares et exclusivement français, mais pas un gosse. Des antiquaires, des livres anciens, de vieilles dames, des pigeons, la ville du guano.
Des ponts à gogo, les gondoles ambulances, les gondoles policières, les gondoles de livraisons, même les gondoles "coca-cola".
Au moment du carnaval, c'est la folie. On repère assez facilement le Français des autres, c'est celui qui a un déguisement de Zorro ou le masque de Chirac. A pauvre France !
L'Allemand ne se déguise pas, il reste en bermuda. L'Américain filme tout avec un masque en carton à 30 000 lires. Les Belges sortent l'artillerie lourde, jouant les Comte de Monte Cristo.
Les Japonais jouent le jeu, mais sont ridiculement affreux, ou affreusement ridicules.
Tout ce barnum traverse le Rialto, le temps d'un soupir et disparaît dans les méandres des ruelles de Venise, la Sérénissime.