Une après-midi en rose. Avec les défilés du printemps, des " primaveras " élégantes et enivrantes, oniriques et magnifiques.
Je commence par Chanel et l’happening botticellien de Karl Lagerfeld. Le défilé rose-ivoire, fleuri de roses permanentes se passe sous une serre lumineuse plantée dans le parc des Tuileries. Les robes, les souplesses, les soies, les étoffes, tout est très Chanel. La femme est belle. Élégance, beauté et confort. Chanel aime la femme. Et j’aime la femme Chanel.
Karl Lagerfeld évoque Marie Laurencin pour les teintes ; je pense à Tiepolo, Lotto et quelques Véronèse.
Pour ma part, Marie Laurencin me rappelle mon poste de pion durant trois ans dans un collège éponyme à l’artiste. Elle suscite également des évocations d’orgies alcoolisées en compagnie d’Apollinaire.

Je suis charmé par les créations d’Hanae Mori, qui restent assez proche de la tendance "Naissance de Vénus " de Chanel.
Cette vision renaissante se retrouve également chez le jeune Frank Sorbier. J’apprécie tout spécialement ses modèles dont Hermine de Clermont-Tonnerre.
Hélèna Noguerra participe au défilé ; je fonds complètement pour cette jolie brune (qui ne compte pas pour des …).

Cette plongée dans la haute couture, dans le happening de la mode me rappelle un article de " Technikart " à propos des 50 créateurs de demain.
Je vérifie pour voir s’ils parlaient de mon fringant Sorbier. Niet ! Pas un mot non plus sur Hanae Mori.
Bref, je feuillette et tombe sur un article de Nico sur Selby jr ; j’avais lu une interview de Luis de Miranda dans " Epok ", d’ailleurs, Rey et Miranda collaborent ensemble à ce numéro de " Technikart ". C’était bien, " Technikart ", à l’époque. Depuis c’est devenu très chiant et répétitif. Rébarbatif et saoulant.
Il est très bon l’article de Nicolas Rey, qui est mis plus en scène que le vieil écrivain saoulé, soi-disant copyright de la force obscure ricaine.
Les vieux rebelles sont avant tout vieux.

Quelques pages plus loin, un truc sur Philippe Katerine (que j’adore vraiment avec mes oreilles et que je connais par cœur les paroles).
" Je les préfère brunes avec un bon 90 A " (le journaliste a écrit " préfèrent "). Et me voilà revenu à ma chère Hélèna Noguerra (pineco de Katerine en live).

Le show de Dior est assez pénible, Galliano me saoule. Un type qui a le nom d’un gus qui faisait des émissions jeunesses de TF1. Éric Galliano et son jeu des oreilles de lapin, un truc sur des sons à reconnaître. Et puis, en général, j’aime pas les anciens de la St Martin’s School ( Chalayan, McQueen, Cary Williams). Je préfère l’académie d’Anvers (Simons, Van Saene, Arickx et Vandervorst).

Lacroix synthétise parfaitement la volonté de Galliano de théâtralité et la beauté de la femme de Chanel.
Pour finir mon après-midi " mode ", je mate un petit film de James Avalon. Entre " Victoria’s Secret " et une performance d’art cinétique. Avalon est un vrai directeur de la photographie, les scènes sont merveilleuses de couleurs, de contraste, de lumière. C’est l’artiste du X. Indubitablement.

Il y a toujours plein de coïncidences dans ma vie immobile. Aujourd'hui, je glandouillais devant les défilés de Paris Première, lambinais dans mon appartement.
Puis, je suis sorti prendre mon courrier. Une invit' de mon député pour la réception de JC jeudi prochain à l'occasion de l'entrée de Provins à l'UNESCO. Je ne suis plus Chiraquien, je l'ai été si peu.
La coïncidence : Marie-Christine Marek que je zappe avec mépris habituellement et que j'écoute avec délices en ce jour est née à Provins.