Jeudi 25 octobre :

Ils avaient tout faux les philosophes de l'avant Nietzsche !
La quête du bonheur par l'absence de malheurs, balivernes, sottises, conneries. La métaphysique ataraxique, que dalle, du vent, rien.
Les méditations, la sagesse, oui, pourquoi pas, mais l'idéalisme hédoniste, non !
Ou alors par une prise en considération de la souffrance, non plus comme un "obstacle" au bonheur mais comme une partie intégrante de celui-ci.
La souffrance, essentiellement existentielle, de l'âme et de l'esprit, permet ce qui fait l'intérêt des hommes, la création. La volonté de puissance passe par la volonté de créer. Je pense.
Mais à vrai dire, je n'en sais trop rien. J'ai jamais lu Nietzsche.

C'est un paradoxe de la création (ici, acte de créer), ce sont ce que l'on appellerait désormais des névrosés qui ont créé notre patrimoine culturel, artistique.
Les peintres, des malades, de Michel-Ange à Gauguin ou Van Gogh jusqu'à Pollock.
Les écrivains, des fous, des dangereux, des fourbes et des pourris, tous, obsédés par la société, par une femme, par une drogue, par un souvenir.
Les musiciens, les compositeurs et non les guitaristes de nos bancs de lycée, je connais assez peu, mais les destins des "grands" semblent suivre ce moule de la création par la souffrance et de la souffrance.
Laideur, handicap, traumatisme, déception, tristesse, maladie, "lieux" de l'artiste. C'est une sorte de biotope nécessaire à la création.

L'ennui aussi permet de créer. L'état de nonchalance, de dilettantisme, de mou continu permet également à l'écrivain (prenons l'écrivain comme modèle, je préfère) de se poser là, devant sa machine, sa page et d'en sortir une histoire, un univers, une idée (bonne ou mauvaise, on n'en a rien à foutre), quelque chose quoi.