Vendredi 26 Octobre :
Premier prix décerné aujourd'hui,
celui du roman de l'Académie Française (trois ou quatre sièges
à pourvoir depuis les décès de Ringuet, Laurent et
)
à Eric Neuhoff.
J'aime beaucoup son écriture et j'ai de nombreux points communs culturels
avec cet héritier des Hussards, et plus loin aussi des "M",
Montherlant, Morand, Maurois, Mauriac ?
Il est coutumier des prix, Kléber Haedens en 86 (Des gens impossibles),
Nimier en 90 (Les Hanches de Laetitia), Deux-Magots en 95 (Barbe à Papa),
Interallié en 97 (La petite Française).
Et cette fois-ci pour un "Bien fou".
J'aime vraiment cet écrivain, parce qu'il aime Nimier, mais aussi Godard
et Truffaut (qui ont débuté à Arts de Jacques Laurent).
Je vois en lui le continuateur de cette veine de la littérature Française,
nourrie de culture classique (de Voltaire, mais aussi de Rivarol), de philosophie
de l'action, de la volonté, mais surtout du temps présent, par
son amour du cinéma, de la musique, de la chose sociale.
Une littérature complète, engagée, énervée,
virulente et active. Mais restant "littérature", ne sombrant
jamais du côté obscur de l'idéologie.
Il n'y a pas de positions arrêtées, tout peut (et doit) fluctuer.
"L'encrage" du travail romanesque
dans le temps présent est l'objectif principal de " Héloïse".
J'ai repris l'écriture de cette histoire qui dans mon esprit était
aboutie dès le début. J'ai commencé à l'écrire
en ayant en tête le "final cut". J'avais l'ensemble des parties,
des composants de ce portrait, de cette aventure.
Le pitch étant très simple : la lecture génère de
la liberté par l'auto-création de ses propres images.
Je me laisse la semaine pour finir la quatrième et dernière partie.
J'ai beaucoup écrit durant un mois, puis depuis deux mois, rien. J'avais
les évènements en tête mais aucune envie d'écrire.
J'ai donc débuté une nouvelle histoire, d'un type à partir
de 1975. L'idée est simple également, partie d'une phrase de Pasolini
: "Le raffinement du libertinage, c'est d'être en même temps
bourreau et victime".
J'ai retrouvé par le hasard des évènements
l'envie d'écrire, de finir au moins les premiers jets.
C'est trop bon, un bien fou de retrouver toutes ces images dans ma tête.
Même si les aventures d'Héloïse se percutent aux pensées
du "héros" Pasolinien, c'est vraiment une grande joie.