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Les mâchouilleurs
sont des êtres abjects. Ce matin, je me suis installé dans
le troisième wagon, comme d'habitude. Arrivé à
Val d'Europe, j'ai aperçu le type qui mâche et qui sent
le mauvais after-shave. Il était sur le quai, toujours au même
emplacement.
Heureusement il ne prend une autre porte. La bouffée de chaleur
tombe, l'estomac se dénoue.
Le type à la fine moustache s'assied plus loin, j'imagine sa
mâchoire malaxant inutilement, et mon envie légitime de
lui exploser à la gueule, dans une série de coups radicaux
s'amplifie.
Un jeune coquet encostumé prend place près de moi, il
mâche aussi. Moins ostensiblement, mais il mâche tout de
même, ce crétin !
Un couple de bidochon cherche à prendre place, ils s'avance vers
moi, mais la femme décide de rebrousser chemin et de poser son
gros cul sur une banquette plus lointaine. J'ai une putain envie de
les buter. Grosse conne avec une pauvre tête de picarde et un
bovin fonctionnaire encasquetté et mâchouilleur....
Cette tête de veau lit son "équipe" de merde
d'un Zidane blessé, d'une coupe perdue d'avance, d'un drame universel,
je chie sur toi misérable cloporte !
Il mâchouille, ils mâchouillent, à droite, à
gauche, devant, derrière, partout, il y a que des ruminants,
des chairs rosées, grasses, sirupeuses, suintantes qui astiquent
une boule de gomme, de gum.
Connards d'américains ! Juste pour ça j'aurais voulu que
Hitler vous écrase ! Et ce con de G.I., Mister Parfet qui en
1952 importe ces cons de chewing-gums à la chlorophylle !
Un pays de bufs, qui défilent les uns derrière les
autres, qui bouffent des merdes, qui ont les mêmes maladies que
les bovins, les ovins, les truites et les tourteaux, et qui mâchent
comme des bestiaux stupides !
Et un, et deux, et trois, encore un qui s'impose, qui impose sa mastication
bruyante, sale et insupportable. Je n'en peux plus !
Il faudrait ouvrir un camp d'extermination des mâcheurs, un véritable
carnage, un abattoir, un holocauste, mais sans le côté
sacrifice divin, mais une hécatombe sensationnelle, un massacre
à la mâche, à la hache, au couteau. Il faudrait
leur couper la langue. Ou mieux, les égorger.
On ferait ce camp à St Genest d'Ambière, qui est un lieu
symbolique de la pâte à mâcher. On débiterait
ces débiles du matin au soir, un massacre en série, et
musique.
Soin, soin, et un et deux et trois, on tranche, ça gigote, ça
se repentit, ça regrette, trop tard. Il fallait y penser avant,
avant de me faire chier avec vos mâchoires tremblantes, masticantes,
et vos faces d'animaux à gerber.
Je veux que ça dégomme, que ça dé-gum, que
ça éclate, putain, les mâchouilleurs vont me rendre
fou !
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