Jeudi 27 septembre :

Bus, trajet, Skyrock, envie de se recoucher. Toujours le même trajet. Mais rarement le même chauffeur.
Un jour, une grosse blonde choucrouteuse, un autre, un nabot adolescent, mais parfois aussi un petit brun à la houppette, un autre à la natte tressée jusqu'aux fesses, une "routière" à la voix rauque, un type qui nous dit "bonne journée", et des anonymes.

C'est tout de même agréable de prendre le bus ; on est au chaud, on peut siester un peu, rêvasser et observer le lever du soleil, et apprendre de ce fait si la journée sera belle ou non.

Toujours un goût de dentifrice dans la bouche, les yeux pas encore bien éveillés, les cheveux un peu encore mouillés, une petite envie de chier. C'est le lot quotidien du bus. Enfin, du trajet de matin.

Lors de ces trajets, je pense à pleins de trucs inutiles. Ce matin, je faisais le constat que les garçons étaient plus souvent victimes de troubles du langage (zézaiement, bégaiement, timidité à communiquer à un groupe (+ de 2), dyslexie) que les filles.
En effet, les filles parlent plus facilement, s'enthousiasment lors des exposés oraux, téléphonent très facilement et cela quel que soit leur physique.
Les petites grosses n'ont pas peur de s'exprimer lors d'un devoir oral, ou pour commander des parts de tartes à la boulangerie, ou bien encore d'être réceptionniste à un standard téléphonique.
Les jolies filles, n'en parlons pas.

Je m'en aperçois tous les jours lors de mon "taf" de pion. Les filles viennent à la vie scolaire demander des renseignements (même stupides), poser des questions saugrenues et cela en toute décontraction.
Tandis que les mecs sont en majorité très coincés. Ils n'osent pas approcher du comptoir, où les filles, elles, s'accoudent avec frénésie, n'osent pas parler bien fort, alors que les gonzesses t'exposent avec éloquence les raisons de leurs dispenses d'EPS.

Les femmes seraient-elles plus sociables que les hommes ?
Je n'aime pas les dichotomies ; mais je ne sais comment expliquer cette observation. Observation qui ne tient que dans le microcosme où je vis.
Est-ce le fruit de notre éducation ? Un atavisme plus ancien ou bien la conséquence des mouvements féministes des années 70 ?

Je ne connais pas la pensée de Freud ; peut-être que les dérèglements du langage sont du domaine de la castration ? Et de ce fait, une pathologie masculine.
La réponse reste en suspens.
Le bus stoppe. Je descends le premier.