Lundi 27 août :
J'ai eu une sympathique visite chez moi, en
soirée, en début de soirée. J'avais passé une bonne
journée, vélo, partie de Tennis contre FL, le plein de soleil.
FV et son ami, Mister J, MJ, me rendent visite, en provenance de la Ville. J'avais
eu les lascars au téléphone, le midi, en pleine ascension de la
grande côte de Coulommiers, celle qui va au Montana, pour ceux qui connaissent
la ville en question. La différence entre la Ville et la ville, la majuscule
est éloquente, la distinction est fatale. Je leur avais indiqué
le chemin pour venir à Touquin, sortir à Villeneuve le Comte,
suivre la direction Provins sur 20 bornes, puis Touquin est indiqué,
"welcome home".
Les deux bons amis ne viennent pas les mains vides, une bonne bouteille de Bordeaux,
de quoi animer ce début de soirée qui, jusqu'à leur arrivée,
ne dépendait que de la prestation de Rafter à l'US Open. Un bon
pinard, deux potes, c'est toujours mieux que le ciment new-yorkais.
On débouche, on enquille la première, MJ repart chez l'épicier
du coin, du carrefour de Touquin, Pézarches, Rozay-en-Brie et Coulommiers,
en pécho une autre.
Je ne tiens plus vraiment l'alcool, depuis que je fais du "sport".
FV est égal à lui-même, MJ est bien roots, le type tranquille,
bien sympa. FV est sympa aussi, mais dans une autre dimension.
MJ a bossé pour le "Journal du Hard", le pied, le rêve,
enfin, peut-être, car je ne connais pas ce milieu. L'usure du temps peut
nuire à notre plaisir. Voir des chattes, des types qui s'huilent la queue,
des filles qui se mettent des crèmes peuvent en effet gâcher le
plaisir que l'on imagine au premier abord. Le making of du porno peut très
facilement tuer le désir, l'idée de "jouissance".
On discute de plein de trucs, de Houellebecq "superstar", ça
me fait penser au film de Norman Jewison, "Jésus Christ Superstar",
Houellebecq est le nouveau messie ?
Bon, la deuxième bouteille peut influencer ma réponse, "Michel
Houellebecq Superstar" par Thierry Ardisson, ça le fait ?
FV nous parle de ses projets, MJ, sous mon questionnement incessant, du milieu
du Hard, moi, je prends mon pied.
20h, 20h30, on commence à avoir la dalle, on commande donc des pizzas.
Le type est seul, et n'a qu'un serveur. Je passe la commande, et nous voilà
parti pour Faremoutiers, à fond les manettes, je guide le chemin, à
la place du con, celui du milieu sur les banquettes pour trois.
Je me retrouve encore dans un plan mec, pizzas, tise et Fashion-TV.
Et les gars ! C'est quoi la misère sexuelle ?
Mardi 28 août :
Depuis hier matin, le 27 août, j'ai repris
le chemin du lycée. Parti à 8h30, en vélo, pénard,
sans forcer, je savais que j'allais arriver en retard.
Je suis arrivé en retard pratiquement à chaque fois l'année
dernière, à l'exception des jours où je bossais comme enseignant.
L'idée de me retrouver avec la bande de ramollis du bulbe, dès
7h30, m'était insurmontable. Les "petits bisous" de matin,
le café, les discussions sur le néant, sur "Loft Story",
sur ce qu'avait dit Arnaud, ou Jean-Pierre, la veille et qui avait laissé
songeuse toute l'équipe "Vie scolaire".
Se pointer à l'heure, en sachant que le taf devient sérieux vers
10h, pour participer à cette farandole de la connerie, et des mièvreries
hypocrites était hors de question.
L'année recommence, j'arrive donc en retard, mais je suis l'un des rares
présents. Bien sûr Willy est là, il est toujours là
Willy.
Je reste pour autant avec l'étiquette de "débile obsédé",
mais Arnaud est désormais le maillon faible de l'équipe VS.
Dans ces conditions, comment puis-je me lever à 6h30 en sachant que ma
journée va se dérouler dans l'un des plus mauvais soap jamais
connu ?
Mais ce lundi est ensoleillé, et l'idée de pouvoir dire et faire
tout ce que je veux, parce que j'ai l'étiquette "pervers simplet"
me laisse présager de bons moments de franche déconnade.
Premier jour, après une série de vannes digne des meilleurs "Blague
à part", j'enchaîne sur un double montrage de cul à
l'ensemble de l'équipe, une digression sur les petites boulettes de papier-cul
qui se forment dans les poils du cul et je finis sur un baissage de short sur
Jean-Pierre, le Boss. Puis, je peux disparaître aux archives pour travailler
tranquillement, un boulot qui doit être fait depuis deux ans ; mais ici
on arrive à l'heure mais on ne bosse pas.
Le rangement est rapide, on peut affirmer que je suis un glandeur efficace.
S'en suit la visite des bureaux d'administration, en compagnie de Greg.
Greg est aussi un exclu de la VS, trop sarcastique, ironique, intelligent pour
la bande de gastéropodes, qui se prédestinent à être
instit, conseiller d'éducation, gendarme, c'est flippant, très
inquiétant.
Greg me propose un petit délire en voiture du lycée dans les cours
de l'autre lycée dont le proviseur nous accueille très rapidement.
On lui explique de façon magistrale que l'on est perdu dans la cour et
que l'on n'arrive plus à sortir, il fait ouvrir spécialement pour
nous la porte électrique !
Au lieu de nous dire de repartir par le chemin emprunté.
La fonction publique est un monde étrange, des gens se réunissent
dans des bureaux, discutent, se racontent leurs vacances et appellent ça
"travailler". Greg et moi, nous arrivons en souriant, nous sommes
des fainéants !
Des trucs inexplicables.
La semaine de pré-rentrée permet, outre les petites blagues crétines
et salaces, de superviser les nouvelles profs, généralement des
premiers postes, des filles de province qui débarquent dans un lycée
technique des métiers du routier, la flippe !
La première journée s'achève, pour moi à 12h, je
rentre chez moi accueillir FV et MJ.
J'ai le temps, je tape la balle avec FL.
Le lycée est un lieu dangereux, qui transforme les poètes en pervers,
les good guys en gag man.
Je repars pour un an de shows !