Dimanche 29 juillet :
Hier soir, avec Judi, on a regardé un docu sur Soto, un artiste cinétique. A l'expo fondatrice du mouvement "Le Mouvement" en 1954, il y avait surtout le sculpteur Suisse, Jean Tinguely (1925-1991).
L'enfer un petit début, 1984.
J'ai toujours du mal avec l'art
du XXe, ce que l'on nomme l'art contemporain.
La création du vide, aimais-je à dire, des constructions mathématiques
sur les formes élémentaires et les couleurs primaires de Mondrian,
du fonctionnalisme et de l'obsession du béton de Le Corbusier, mais
aussi en littérature, avec les architectures creuses de Duras. Le vide
semblait être partout.
Mais je découvre petit à petit, je sors doucement de ma Renaissance.
Tinguely ou les 3 "B"
: Bricolé, Brinquebalant et Bruyant.
Qu'est ce que la cinétique ? Du Théâtre ? Du bricolage
de forain ? De l'aménagement de l'urbanisme ? Des enseignes publicitaires
?
L'art semble devenir spectacle,
ce sont les années 50, entre le futurisme et le Pop'Art jusqu'au Décollagistes
d'aujourd'hui, et c'est le début de la société de consommation.
Tinguely se définit de
Calder, fait du collage, de l'art "machiniste", il veut comprendre
les machines.
Bien inspiré par "Le manifeste du Machinisme" de Murani (1960).
Tinguely soude, assemble, colle
des objets dans des uvres qui s'auto-détruisent. Lui, qui était
venu à la sculpture parce qu'il ne pouvait finir ses toiles, il crée
des uvres qui se détruisent, dans une logique de l'art qui conserve.
Il désintègre.
Des mécanismes à
la limite de la rupture, des assemblages absurdes. Mais les "Baloubas"
ne sont pas que des jouets bricolés, ce sont un hommage à la
résistance d'une tribu congolaise.
En 70, "La victoire"
brûle sur le parvis de la cathédrale de Milan au son de l'Internationale
et d'O sole mio.
Tinguely surpasse sa ferraille, sculpte les sons, les lumières et les
odeurs = l'immatériel.
"L'étude pour une fin du monde n°2", assemblage colossal
dans le désert du Nevada disparaît le temps d'un flash.
"Le définitif, c'est la transformation"