Je suis toujours un " peu " affecté lorsque je lis des choses, que bizarrement, je prends pour des critiques persos. Je me sens visé, et mal. J’ai le ventre qui borborygme et le ciboulot qui se détraque. Comme un effet de vertige. Les yeux larmoyants, légèrement.
Je n’ai pas eu de retour de mes derniers mails à EBB ; ma parano intrinsèque me mène déjà vers des explications scabreuses et lorsque je découvre ce passage d’Éric dans une eterview (sur le site de FV), je me reconnais et accorde à ces critiques une grande part de véracité.
Même si je n’ai eu aucun succès avec mes piètres écrits " cybernétiques ". Oui, je suis une " midinette " comme me l’a dit Geneviève. Un pauvre type qui brode sur l’amour absolu, sur la femmedesavie, sur la souffrance, tout le cirque du délire chrétien (et je ne le suis pas) du sacrifice et de la douleur : solitude et abstinence, quel drôle de job !

" …
Un écrivain qui a des couilles, bref viril, c'est quelqu'un qui n'écrit pas simplement pour plaire ou pour séduire, ce qui est très féminin, ça, paradoxalement. Aujourd'hui, il y a une flopée d'écrivains complètement efféminés : beaucoup d'entre eux racontent des niaiseries sentimentales dans le seul but de plaire aux femmes, faute peut-être de ne pas assez plaire ou de ne pas assez baiser dans la vraie vie, faute aussi sans doute d'avoir un projet politique sérieux ou du moins d'avoir une conscience claire de leur condition d'animal politique.
… "

Je rentre chez moi, un peu soucieux, j’ai ces flèches sont bien implantées (ici, c’est le syndrome Saint Sébastien)… et je découvre avec joie un message de EBB, qui me ravit de sa gentillesse, sa sensibilité et sa franchise.
C’est un type bien, comme moi. Franc, il suffit de lire l’eterview sur le site pour s’en rendre compte, pour une fois, un type répond franchement et conséquemment aux questions. Un besoin de dire ce que l’on pense, sans cacher ni dissimuler.
Marrant, son message reprend une idée que j’avais lue dans cette eterview et dans un questionnaire sur le site zone littéraire. L’obsédé sexuel compulsif. Je le rejoins parfaitement dans son amour, obsession, des grosses loches. Mais contrairement à lui, ce n’est qu’un fantasme, bien ancré, pour moi.

Dans cette journée archère, j’ai lu ensuite, ce passage du journal de Jérôme Attal.

" 24.11.02

Je souris toujours quand je lis des diaristes sur Internet - très rarement en fait, quand une page de site sur le catch américain est un peu longue à charger - je souris toujours quand je lis des diaristes s'auto-proclamer chantres de l'introspection. En dehors du fait que de telles revendications psychotiques n'ont rien à voir avec l'écriture, je ne crois pas qu'Internet ou toute autre forme de publication immédiate et consciente de son immédiateté puisse avoir une quelconque puissance d'introspection dans le sens ou ceux-ci voudraient nous le faire gober. Sur Internet, il ne peut y avoir que de l'introspectacle. De l'introspectacle plutôt que de l'introspection, et ceux qui s'en rendent compte ont ma préférence. "

Alors oui, ça doit être moi le diariste du catch américain. Oui, ce benêt de l’introspectacle, c’est moi.
Je viens juste de lui écrire ma sympathie à la découverte de son site (je l’avais visité, il y a une semaine) et à l’écoute de ses musiques, rappelé dans ma " mission " de missive par Sylvie de Vendetta. Et j’avais mis en signature un lien vers mon journal.
Le Monsieur connaissait.

Merde, il va me prendre pour un " imposteur ", un charlatan. Bien non, sa préférence prend le dessus, et c’est avec enthousiasme que nous échangeons des mails fraternels, dynamiques et rigolos. Musicien et nouvelliste, une perle supplémentaire pour l’équipe tonitruante de bordel !