Allongé sur mon lit, emberlificoté dans ma couette, il fait beau dehors. Je le sais. Mais je suis mort. La matinée fut fructueuse, lecture de la revue Hermaphrodite, quelques échanges de mails, et écriture. Bien chargée. Et ce midi, frites pour régiment chez les grands-parents. Là, je suis bien trop naze pour profiter du beau temps, pour courir un peu ou pédaler beaucoup. Je sors légèrement de ma somnolence, puis, je mords de douleur ma couette, gémissant, la pire douleur jamais ressentie, des crampes des pieds aux cuisses, un truc à hurler. Je me lève, marcher, marcher sur du frais, pour les faire partir. C’est horrible. Je peux à peine marcher, cahin-caha, recroquevillé, bossu. Mes mollets sont durs comme une bite de Priape. Essayez de marcher sur une bite dure comme un mollet dur comme une bite dure. La douleur s’estompe. Je regarde mes mails, ok. Chantal est toujours avec son " bordel n’est pas beau dans la bouche d’une femme ", pourtant c’est bien dans la bouche d’une femme que Bordel rêve de finir…
Le téléphone dring une fois, Rodolphe, tennis, il a les balles, et moi, les raquettes. Je marche boitant, mollets toujours bandés. Se branler la queue, au moins, cela en moins de dur en soi. Jolie fille blonde, sublime, s’acharne sur une bite. En photos, flèches droite et gauche, zoom possible. Tiens, j’ai aussi une vidéo, en boucle. Hargneuse mannequin sur sa bite. Toujours cracher sur un ventre, sur mon ventre, quand cracher dans ou sur celui d’une femme. Toute cette dureté paumée. C’est badaud.
Rodolphe se pointe, j’ai débandé de la bite, pour cause, et des mollets, miracle. Je marche. Je boite encore un peu, point de contracture dans le mollet gauche. Je m’impose tout de même 6-4, face à un Roudoudou, un peu apathique.
Nous nous lançons à la quête du Mac Do de Coulommiers, clopant, je suis plongé dans le passé, des mômes du lycée, les nouveaux seins de Sarah. Toujours aussi mignonne. Après une balade infructueuse à la recherche d’un café, nous nous retrouvons ici. Avec des chiens partout, le petit bulldog dans le jardin adjacent au terrain de tennis, le petit chien qui traverse au carrefour de Coulommiers, le petit bulldog de la fille immonde de la station essence, et tous les petits chiens en zappant… sans oublier, le bulldog sur la couverture de Technikart, que Rodolphe feuillette en soupirant…