Lundi 31 décembre :

La Bossa Nova est une musique festive, c’est-à-dire pour faire la fête. C’est le real funky time ce soir. C’est la soirée de tous les espoirs, on va défragmenter nos attentes, nos désirs. On va prendre de bonnes résolutions, oublier les frustrations de l’année écoulée.
Puis, l’euphorie passée, vers une heure de matin, on montera dans un grenier, on ira se réfugier dans les chiottes pour pleurer, en prenant conscience une fois de plus que l’on n’est pas avec la personne qu’on aime. Qu’une nouvelle année est passée, comme ça, comme un claquement de doigt, un soupir, furtif, bref, sans retour, comme ça, sans elle. Une année qu’on ne pourra jamais rattraper. Le bonheur est toujours une potentialité du passé.
Serpentins, foies gras et rires figés. Riffs de guitare, cymbales et regards hagards. Bombardements de B’52, brushing et disco suédois de " Gimme, gimme, gimme ". C’est Waterloo dans ma tête. Voix rauque et chanteuses choucrouteuses, les missiles " pop " des seventies touchent tous leur cible, moi.
C’est la fête. Le D’J est vivant, born to be alive. Si, si. Incassable, les cd résistent à tout. Les salauds. Je préférais les vinyles. On pouvait les émietter. Il y avait toujours des " hou " au moment où le type changeait de disque. Maintenant la chaîne braille de façon continue.
La fiesta, simple comme la programmation d’un lecteur cd, comme une compilation de tubes avant-ringards.